07.12.2017 / Articles / Sécurité sociale / inpuncto, Altersvorsorge

in puncto… Matthieu 7.3

Lors des débats sur le budget au Conseil national, l’UDC et le PS ont décidé de verser dans les caisses de l’AVS les 442 millions de francs économisés suite à l’échec de la réforme de la Prévoyance vieillesse 2020. Cette alliance est surprenante au regard du respect de la volonté populaire, mais également sous l’angle de la crédibilité budgétaire comme celui de l’absence de bases légales.

Il en va du respect de la volonté populaire. Le PDC s’est battu pour la Prévoyance vieillesse 2020. Le peuple a rejeté cette réforme. Tout en sachant que l’AVS connaîtra de sérieuses difficultés à moyen terme. Tout en sachant que les 442 millions ne seront pas versés dans l’AVS. Nous l’avons accepté. À l’inverse de l’UDC et du PS. Leur alliance ne résout aucun problème dans l’AVS. Au contraire. Le Parlement peut entretenir l’illusion d’avoir « fait quelque chose ». Les opposants à la réforme n’ont cessé de dire que le plan B serait une promenade de santé dans son contenu et son financement. Si tout était aussi simple, pourquoi proposer aujourd’hui une solution illusoire ? Ce d’autant plus que le PS et l’UDC sont incapables de se mettre d’accord sur la question de savoir si ce versement est ponctuel ou appelé à se répéter.

Il en va de la crédibilité budgétaire. La Prévoyance vieillesse 2020 était un paquet global. Il ne sert à rien aujourd’hui d’agir dans la précipitation en ce qui concerne l’AVS. Il est nécessaire de prendre des décisions structurelles et financières sur le long terme. Cela n’est pas sérieux, si le Conseil national transfère à la va-vite quelques centaines de millions parce que le budget le permet. Encore moins sérieux, si cette idée est soutenue par l’UDC qui se targue d’être le parti de la rigueur financière. Une rigueur qui devient subitement à géométrie variable lorsqu’il s’agit de vouloir susciter de la sympathie au sein de la population.

Les bases légales font défaut. Le PS et l’UDC admettent que leur décision ne repose sur aucune base légale. Cette dernière devra être créée rétroactivement d’ici le milieu de l’année 2018. Il ne faut pas s’étonner si la population a l'impression que les lois s’appliquent un peu moins pour les politiciens que pour le reste de la population. Construire des majorités sans base légale, cela s’appelle vouloir passer en force. À l’instant où j’écris ces lignes, le Conseil des Etats refuse de verser les 442 millions à l’AVS dans le budget 2018. Il s’agit maintenant d’éliminer les divergences. J’espère que le Conseil des Etats l’emportera. La décision tombera au plus tard la semaine prochaine.

L’UDC a un nouveau chef de groupe. Par le passé, il a souvent appelé le PLR et le PDC à rejoindre l’UDC dans un grand bloc bourgeois. Pour le dire simplement, il faudrait toujours être du côté de l’UDC, même si cela est nuisible à l’économie et discutable d’un point de vue financier. Lors de la campagne sur la prévoyance vieillesse, Thomas Aeschi a reproché au PDC de s’être « allié » au PS. Sa première action comme nouveau chef de groupe a été de tourner le dos au PLR et au PDC et de jeter ses troupes dans les bras du PS. Je lui conseille vivement de lire le chapitre 7, verset 3 de l'Evangile selon Matthieu.