23.11.2020 Articles Sécurité Assurances sociales Politique des institutions et droit Économie durable

Fragiliser nos PME et notre caisse de pension? NON à l'initiative extrême du GSsA

L’initiative du GSsA a des effets négatifs sur notre prévoyance veillesse et porte préjudice aux PME Suisses.

L’initiative soutenue par le GSsA, les partis de gauche et les ONG «Pour une interdiction du financement des producteurs de matériel de guerre» exige que la Banque nationale suisse, les fondations et les caisses de pension ne puissent plus financer les producteurs de matériel de guerre. Concrètement les investissements dans les entreprises seraient interdits, si celles-ci réalisent plus de 5 % de leur chiffre d’affaire annuel grâce à la production de matériel de guerre. La Confédération devrait également s’engager au niveau national et international à ce que des conditions équivalentes soient en vigueur pour les banques et les assurances.

Nous partageons le but de cette initiative à savoir la promotion de la paix et la diminution des conflits armés. Toutefois, cet objectif ne sera pas atteint avec l’interdiction du financement. D’autre part, l’effet sur notre prévoyance vieillesse et sur les PME serait désastreux. Une acceptation aurait un impact négatif sur les actifs immobilisés des caisses de pension et de l’AVS. En outre, non seulement les grandes entreprises seraient touchées, mais aussi de nombreuses PME suisses qui sont actives comme fournisseurs. C’est pourquoi il est nécessaire de voter NON à l’interdiction du financement demandée par le GSsA le 29 novembre.

JE REFUSE TRÈS CLAIREMENT CETTE INITIATIVE POUR LES RAISONS SUIVANTES

«Tout d’abord, la Suisse interdit déjà aujourd’hui le financement direct de matériel de guerre prohibé avec la loi sur le matériel de guerre. Il s’agit notamment des armes nucléaires, biologiques et chimiques ainsi que les armes à sous-munitions et les mines antipersonnel. Ensuite, l’acceptation de l’initiative n’aura aucun véritable effet. Une interdiction mondiale du financement des investissements dans l’industrie de l’armement n’est tout simplement pas réaliste. Une interdiction de financement en Suisse n’aurait aucun effet du fait du manque d’influence sur la demande mondiale de matériel de guerre et sur l’offre mondiale de ce matériel. Enfin, l’initiative aurait même des conséquences négatives pour la Suisse : elle empiéterait sur l’indépendance de notre Banque nationale, qui serait restreinte dans ses décisions d’investissements. Cela aggraverait également la situation de notre prévoyance vieillesse et de nos PME, actives en tant que fournisseurs.»

Christine Bulliard

EFFETS NÉGATIFS SUR NOTRE PRÉVOYANCE VIEILLESSE

Les institutions de prévoyance étatiques et professionnelle, et plus particulièrement les caisses de pensions et le fonds de compensation de l’AVS, devraient abandonner leur stratégie d’investissement dans des fonds bien diversifiés et qui repose déjà aujourd’hui sur des principes éthiques. Ils se verraient obliger d’investir dans des produits de placement restreints ou des titres individuels. Suivant la stratégie de placement choisie, il en résulterait une diversification insuffisante des investissements avec un risque de placement nettement plus élevé ou alors cela entraînerait des coûts élevés en raison d’un travail administratif supplémentaire. Les deux auraient un impact négatif sur les actifs des caisses de pension ou sur les actifs de la caisse de compensation AVS.

UN GRAND NOMBRE D’ENTREPRISES SERAIENT CONCERNÉES

Le texte de l'initiative stipule l’interdiction de tout financement dans
des entreprises qui réalisent plus de cinq pour cent de leur chiffre d’affaire annuel dans la production du matériel de guerre. Ce seuil de cinq pour cent est rigide et totalement arbitraire. Les initiants eux-mêmes sont incapables d’expliquer ce choix de cinq pour cent et pas celui de zéro ou de dix pour cent par exemple. Ce quota inclut de grandes entreprises mondiales telles qu’Airbus et Boeing. Mais pas seulement ! Les PME qui agissent en tant que sous-traitants et produisent des pièces individuelles et des assemblages utilisés dans l’armement sont aussi concernées.

Benjamin Roduit

 

 

Auteur

PDC suisse

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