24.04.2019 / Articles / Sécurité / Révision de la loi sur les armes

OUI à notre sécurité, OUI à la révision partielle de la loi sur les armes

Ce qui est en jeu le 19 mai prochain n’est rien de moins que notre sécurité nationale. Et c’est un sujet avec lequel il n’est pas question de badiner.

Comment assurer de façon optimale la défense de notre pays ? C’est une question que tous les souverainistes devraient sérieusement se poser. Chacun en conviendra : même si nos ancêtres les Waldstätten et les bataillons suisses de l’époque ont fait preuve d’héroïsme, leurs hallebardes ne sont plus d’actualité. Durant la Grande Guerre de 14-18 l’infanterie était la « reine des batailles », baïonnette au canon, face à des nids de mitrailleuses. Puis ce fut l’ère des chars d’assaut pendant la Seconde guerre mondiale. Aujourd’hui, ce ne sont plus tant les fusils, même semi-automatiques qui font la différence. Ce sont plutôt des drones et autres moyens de haute technologie, combiné avec la 
cyber-sécurité, le renseignement, le contre- espionnage. 

Or, c’est précisément ce que l’accord de Schengen nous offre : une meilleure collaboration internationale en matière d’échanges de renseignements sécuritaires, permettant en moyenne une arrestation par jour. Car il ne faut pas se leurrer : les bandes criminelles qui œuvrent chez nous (ceux qui menacent la sécurité publique, les réseaux de passeurs ou des trafiquants de drogues) agissent par définition à l’échelle internationale. Et ce n’est qu’au travers de partenariats comme Schengen que nous pouvons parvenir à les combattre. Sans compter l’accord-jumeau de Dublin, qui nous permet de renvoyer les demandeurs d’asile dans le pays où ils ont mis pour la première fois le pied en Europe. 

Quel est le prix à payer en contre-partie ? Vraiment pas grand-chose. Même pour les gens qui, comme moi, sont attachés aux traditions de notre pays et à leur symbolique. Car nous pouvons continuer, comme par le passé, à conserver notre arme dans le galetas de nos maisons, même quand l’âge venu, nous sommes libérés de nos obligations militaires. Et les tireurs peuvent continuer de tirer s’ils sont affiliés à une société de tir. Tout comme les chasseurs peuvent continuer de chasser. 

Mais alors qu’est-ce qui va changer ? Il s’agit juste de mettre en place quelques mesures, au demeurant plutôt utiles en soi : une réglementation plus stricte concernant l’achat et la détention des armes semi-automatiques, la traçabilite de celles-ci et de leurs composants essentiels, et une lutte contre le trafic illicite de telles armes. Par armes semi-automatiques, on entend celles ayant un chargeur permettant de tirer vingt cartouches d’affilée. L’acquisition de celles-ci seront désormais sujettes à une « autorisation exceptionnelle », mais sans durcissement réel des conditions d’acquisition de telles armes.

En bref, rien de bien grave par rapport aux nombreux avantages que la Suisse aurait à rester dans le système de Schengen : à l’heure où les réseaux terroristes et les gangs organisés sont supra-nationaux, le système d’échanges d’information de Schengen a permis en 2018 de voir aboutir 19’000 requêtes entre la Suisse et l’étranger, de procéder à 4’000 arrestations, de retrouver 4’000 personnes disparues. Au passage, l’existence de visas Schengen a permis une augmentation de la valeur ajoutée en faveur du tourisme suisse de 1.1 milliard de francs. De se battre pour le maintien de nos traditions est une chose très louable. Mais à l’ère du numérique, c’est surtout avec les armes les plus appropriées qu’il faut concevoir notre défense, donc avec des échanges de renseignements rapides et fiables. Donc avec les acquis des systèmes de Schengen / Dublin.
CQFD.

Déposons sans hésitation dans l’urne le 19 mai un OUI résolu.