14.06.2018 / Articles / Politique des institutions et droit / Lutte contre la drogue

Comment mieux lutter contre le deal de rue?

Le conseiller national vaudois Claude Béglé a déposé une interpellation appelant à lutter contre le deal de rue. Elle fait suite au mouvement citoyens organisé par Sandra Pernet, la présidente du PDC de la ville de Lausanne et conseillère communale contre le deal de rue notamment devant les écoles. Un mouvement qui a rencontré un large écho dans les médias.

Que pense le Conseil fédéral du "deal de rue", à savoir la relative impunité dont jouissent les revendeurs de drogues en dessous d’un certain seuil ? Et comment combattre ce trafic que certains commencent à considérer comme s’il s’agissait d’une chose naturelle ? Comment lutter efficacement contre ce trafic organisé à grande échelle ?

Certes, les dealers sont de « petits poissons ». Mais ce ne sont pas des requérants d’asile inoffensifs. Ils sont le dernier maillon de la chaîne d’une organisation mafieuse et très bien organisée. Ils sont le visage qu’on voit d’une hydre sordide, capable de nuire gravement à notre société. Ils s’en prennent souvent aux éléments les plus vulnérables de celle-ci. Il faut pouvoir les réprimer avec davantage d’efficacité.

Les dealers agissent souvent en pleine rue, même à proximité des écoles, au vu et au su de tous, comme si ça allait de soi. Ces trafiquants connaissent bien nos lois et règlements; et ils se jouent d’elles. Si dans un canton donné, la marge de tolérance est de quinze boulettes, alors ils se promènent chacun avec quatorze d’entre elles. Il n’est pas facile de les attraper en flagrant délit; et s’il le sont, ils purgent une peine assez légère, après quoi il faut les relâcher. Et ils recommencent.

C’est inadmissible. Il faut une réponse à la hauteur de la menace que représente le trafic de drogues dures. Ma collègue de parti Sandra Pernet a soulevé cette question à Lausanne. Dans cette ville, la majorité des dealers viennent du Nigeria. Et ce n’est pas du racisme que de le constater. Au-dessus d’eux se trouve toute une hiérarchie de grossistes, d’importateurs situés à Amsterdam et revendant leur produit en Europe, de transporteurs et de distributeurs. Ceci jusqu’au chef du réseau, Nigérian lui aussi.

Certes, compte tenu du fédéralisme cher à là Suisse, l’encadrement de telles pratiques relève essentiellement de compétences cantonales ou communales. Mais comment réconcilier ce principe essentiel de notre démocratie avec la nécessité de lutter de façon efficace contre des filières internationales bien organisées? Comment renforcer notre capacité à nous défendre contre ces réseaux? Et comment intensifier l’échange de “best practices” entre cantons?