24.05.2018 / Articles / Le PDC / PDC suisse

Le PDC ne va pas si mal, merci !

Certes, le PDC fait beaucoup parler de lui. Ces derniers six mois ont même été une succession inédite de symptômes souvent perçus comme inquiétants, voire préoccupants. Jusqu’à cet édito de 24 Heures qui assimile carrément le PDC à «un malade chronique qui dépérit électoralement depuis des années ». Je suis bien d’accord que tout n’est pas rose, ni surtout orange, pour le PDC. Mais ce diagnostic qui nous voue à une inexorable agonie me semble très réducteur.

L’affaire de harcèlement générée par Yannick Buttet est entrée en collision frontale avec les valeurs de la famille du PDC. Le Conseiller national incriminé a été dénoncé, il  est passé du pinacle aux gémonies, il a démissionné, le PDC a perdu une de ses figures les plus populaires. Chacun a pris ses responsabilités.  

L’aile chrétien-sociale du parti a souhaité s’affirmer : elle a été réactivée le 7 avril dernier sous le nom Groupement Chrétien Social (GCS) grâce au Conseiller national Stefan Müller Altermatt. Rien de nouveau puisque cette tendance existe depuis 1899. Aux côtés de quatre autres groupements historiques : les femmes, les jeunes, les 60+ et la communauté de travail économie et société. L’ADN du PDC est depuis l’origine composé de plusieurs sensibilités.

Le même éditorial  soupçonne  « le docteur » Gerhard Pfister de vouloir « tuer le malade ». Pourtant, rarement un président du PDC a été aussi présent dans les médias, aussi prompt à écrire des articles, aussi enclin à mettre ses capacités au service de la réflexion politique. Et même si les PDC romands lui tiennent parfois tête, le président du PDC Genève lui reconnaît une vraie envergure intellectuelle. Tandis que certains représentants d’autres partis du centre l’écoutent avec un intérêt non dissimulé.

Il est presque choquant de vouloir réduire le PDC à ses débats internes. A l’heure où notre univers médiatique est sous l’influence avérée de médias sociaux dont le seul but est d’encourager les «news» les plus populaires, vraies ou fausses, afin de vendre de la pub ou des listings d’abonnés en toute intransparence, à l’heure où certains partis politiques sacrifient le fond au profit de slogans percutants mais chargés de promesses intenables, saluons les efforts constants du PDC pour écouter et trouver des solutions consensuelles et réalistes.

Face à une globalisation qui semble menacer notre avenir, face à une numérisation qui effraie les technophobes, face à des clivages politiques simplistes, avoir des partis qui recherchent des solutions nouvelles face à des problématiques inédites, avoir des partis qui revendiquent cette position parfois inconfortable mais toujours indispensable qu’est celle du Centre, est une vraie chance. La Suisse est le pays du bon sens et des décisions raisonnables. La Suisse a besoin de son Centre.

Tribune libre parue dans le journal 24 Heures du 24 mai 2018