06.04.2018 / Articles / Sécurité sociale / Réforme prestations complémentaires, inpuncto

In puncto…Social

Supposons que vous avez plus de 58 ans et que vous êtes licencié. Vous avez constitué un capital dans votre caisse de pension au cours de votre carrière professionnelle et espériez pouvoir en retirer une rente une fois à la retraite. Voilà ce qui vous arrivera.

Votre situation de chômage vous permet de recevoir votre capital, mais elle ne vous permet plus de verser de cotisations et la perception d’une rente n’est plus possible. Vous trouvez cela social ? Moi pas. La droite certainement. La gauche peut-être.  

La réforme de la Prévoyance vieillesse 2020 proposait que les nouveaux chômeurs de plus de 58 ans continuent d’être assuré par leur caisse de pension. Le peuple a rejeté cette réforme. Puis la réforme des prestations complémentaires est arrivée au Parlement. La commission d’examen du Conseil national a eu raison de penser que cette proposition en faveur des nouveaux chômeurs âgés devait à nouveau être mise sur la table, précisément parce que cette proposition n’était contestée par aucun parti.

Mais au Conseil national, l'UDC a soudainement mis son veto. La raison invoquée par son chef de groupe : ce n’est pas l’affaire des caisses de pensions. Je ne pense pas que ça doit l'être. Le Conseil national a rejeté la proposition de l'UDC. Le Conseil des Etats suivra à coup sûr le Conseil national.

Le PS et les Verts ont critiqué la réforme des prestations complémentaires parce qu'elle va trop loin. Pour l’UDC la réforme ne va pas assez loin. Au Conseil national, le PS, les Verts et l’UDC forment une majorité. Il se pourrait que la gauche et la droite fassent capoter toute la réforme lors du vote final. Ils soutiendraient donc l’idée que les personnes âgées licenciées continuent à ne pas percevoir une rente à la retraite. Ce serait la preuve supplémentaire que la Suisse a besoin d’un PDC plus fort. Nous sommes le seul parti qui allie la liberté à la solidarité. Ce serait la démonstration que la gauche et la droite ne peuvent et ne veulent pas mener une véritable politique sociale dans notre pays. Celles et ceux qui veulent maintenir une Suisse véritablement sociale devront s’en souvenir lors des prochaines élections.