29.03.2018 / Articles / Formation et recherche / formation

Les enjeux d'un nouveau modèle de formation pour 2025

Notre système de formation suisse est bien pensé. Il est l'un des meilleurs dit-on ! Les jeunes acquièrent les compétences de base lors de leur cursus scolaire. Ils choisissent une voie académique ou professionnelle proche des besoins des entreprises. Néanmoins, d'autres conditions au système de formation sont indispensables en Suisse.

De nombreuses personnes ont acquis des qualifications sur leur lieu de travail sans obtention de certificat ou diplôme. D’autres encore se retrouvent au chômage vers la cinquantaine sans de réelles possibilités de réintégrer le marché du travail. Il est intolérable que des centaines de milliers de personnes évoluent péniblement sur le marché du travail, alors que nous manquons de main-d’œuvre qualifiée en suisse. Alors qu’en est-il des formations pour adultes ?

Le projet de formation 2025 devrait s’y intéresser de près. Pour ce faire, il est indispensable de lier les besoins répondant aux critères du marché économique et aux réalités sociales et familiales. Les formations pour adultes doivent se montrer plus souples et évolutives.

Le premier aspect est d’offrir un accès facilité aux formations continues. Aujourd’hui, leur nombre et leur accès par des plateformes informatiques relèvent d’un parcours du combattant. Orientation.ch est adapté aux formations de base mais pas pour des formations adultes. Nous devons dès lors renforcer les plateformes pour toutes les reconnaissances de formations continues et faire en sorte qu’elles restent accessibles aux personnes qui ne maîtrisent pas les compétences de base. A juste titre, nous devons repenser la politique de la formation continue en se montrant plus incitatif.

Un deuxième élément est de promouvoir la validation d’acquis dans toutes les professions. Même si la gestion de l’employabilité est d’abord une responsabilité individuelle, la validation des acquis et des compétences de chaque professionnel doit se pratiquer davantage sur la démonstration de preuves en situation ou sur un dossier simple et évolutif.

La mobilité géographique est une nécessité dans l'emploi, celle-ci implique d'avoir un accès égal et homogène, dans chaque canton.

Un autre regard doit se poser sur le système de formation-certification pour les seniors. Ils doivent être plus souples et modulaires  aux mesures de formation et de certification.

Le modèle de formation 2025 (M. Maurer, E. Wettstein, H. Neuhaus)  pourrait préconiser la mise sur pied des écoles professionnelles pour adultes en s’alignant sur des profils de qualifications de différentes professions en mettant sur pied des modules à accomplir individuellement. Une totalité de modules définis selon le parcours de la personne déboucherait sur un CFC et permettrait une réinsertion rapide et efficace sur le marché du travail. La reconnaissance de compétences existantes – telles que nous la connaissons aujourd’hui déjà dans la procédure de validation – doit s’aligner sur les profils de qualification des différents métiers.

Les offres de formation complémentaire, ou les différents modules, seront structurés de telle sorte que chaque unité porte sur une compétence ou un groupe de compétences. Chaque unité est accomplie avec un certificat de performance. Certains cantons ont déjà testés ce modèle avec succès.

Pendant de longues années, la politique de la formation ne s’est pas suffisamment intéressée au sujet. Reste à vérifier si le financement investi sera à la hauteur des attentes des milieux économiques et de cette vision professionnelle de demain.