16.03.2018 / Articles / Le PDC / Christianisme, Socialisme

À propos ... des jours fériés

La Jeunesse socialiste a récemment adopté un papier de position sur les religions. Elle veut abolir toutes les fêtes religieuses, comme Noël et Pâques.

Les jeunes socialistes ne veulent pas pour autant renoncer aux jours fériés en tant que jours de congé, et exigent donc qu'ils soient remplacés, par exemple par la Journée internationale de la femme. Il faut interdire aux églises de faire du travail social, tout doit être confié à l'État. 

Dans la radicalité de ses exigences, la Jeunesse socialiste me rappelle les Jacobins de la Révolution française, qui remplacèrent le calendrier grégorien par le calendrier républicain, aboli en 1805 par Napoléon. Ces gardiens de la vertu voulaient aussi que les gens renoncent à la religion, en procédant au besoin à des exécutions. Ils ont remplacé les rituels religieux par un « culte de la Raison » – un oxymore de premier ordre au lourd tribut du sang, que la population a dû payer.

Comme c’est le cas pour les Jacobins, la Jeunesse socialiste ne peut venir à bout d’une culture vivante, qui s'est construite avec le temps, ainsi que de l’histoire et de l'identité d’une société, qu’avec un exorcisme visant à séparer État et Église. Il est surprenant qu’elle n'exige pas à son tour que toutes les œuvres d’inspiration chrétienne soient décrochées ou recouvertes, voire détruites. La Suisse, le califat de la Jeunesse socialiste.

Philippe Hadorn, conseiller national PS, qui considère cette exigence comme de mauvais aloi, a invité les jeunes socialistes à examiner de plus près le contenu et les « valeurs » (qui l’eût cru ?) qui constituent l’essence de ces fêtes religieuses. À la question d’une culture dominante critiquée par la Jeunesse socialiste, il a répondu : « Il est important et juste que nous demeurions fidèles à nos origines et à nos valeurs chrétiennes ». Un tabloïd appelle « la Jeunesse socialiste à réfléchir sur les valeurs chrétiennes ». Ce n'est pas ce que M. Hadorn vient de déclarer. À juste titre.

En effet, demeurer fidèle aux valeurs qui façonnent une société ne signifie pas exiger de tous qu’ils les partagent. Il s'agit précisément de la grande réalisation civilisationnelle du siècle des Lumières, et du concept qui en résulte des droits de l'Homme, de la démocratie et de l'État de droit. Qui ont une histoire chrétienne. Mais qui ne revendiquent pas le christianisme. Dans notre société, vous pouvez avoir foi en ce que vous voulez. Mais vous ne pouvez pas faire ce que vous voulez. De plus, la fureur antichrétienne de la Jeunesse socialiste s’attaque à la mauvaise cible. En effet, le lapin de Pâques et les œufs colorés – a minima – ne sont pas des symboles du christianisme. Mais de la culture germanique « païenne ». La Jeunesse socialiste veut abolir les mauvaises choses pour les mauvaises raisons. Mais notre culture chrétienne y survivra, indemne, en offrant aux jeunes socialistes un espace leur permettant d’exiger des absurdités. Ce qui, dans un califat à leur goût, ne serait guère possible.