09.03.2018 / Articles / Economie / économie, Chine

In puncto… l'Empereur de Chine

Les nombreux rachats d'entreprises ou les prises de participation par des investisseurs chinois au capital de sociétés européennes et américaines sont de plus en plus problématiques. La Suisse n'est pas prête à affronter cette situation. Le PDC veut un débat sur cette question.

Le Comité central du Parti communiste chinois a décidé de lever la limite constitutionnelle de deux mandats consécutifs pour le président. Xi Jinping consolide ainsi son pouvoir pour les années à venir. Cela donne un coup d’arrêt à l’espoir de l’Occident de voir le développement économique amener une plus grande démocratisation du pays.

Les nombreux rachats d'entreprises ou les prises de participation par des investisseurs chinois au capital de sociétés européennes et américaines sont de plus en plus problématiques. Ces investisseurs n’agissent pas dans le respect des principes qui régissent l’économie de marché, mais défendent un intérêt étatique à utiliser le savoir-faire au profit de la Chine. Les décideurs politiques suisses réagissent à ces acquisitions par un libéralisme naïf qui consiste à dire que rien ne peut être fait, car il s’agit de l’économie de marché. Mais cette économie de marché n’est « libre » que dans un seul sens. Vous avez face à vous des entreprises de façade, en réalité il s’agit de l’État chinois.

Le magazine ultra-libéral The Economist prévient depuis longtemps qu’une attitude libérale naïve envers les investisseurs chinois n’est pas dans l’intérêt du monde occidental. La Suisse est à la traîne sur la manière de contrecarrer la vente des entreprises suisses. Même la NZZ arrive désormais à la conclusion que l’Ouest doit défendre ses valeurs – apparemment The Economist est aussi lu à la Falkenstrasse. Plusieurs pays européens et les États-Unis ont reconnu ce problème et protègent leurs économies. En Suisse il ne se passe rien.

Le Conseiller aux États Beat Rieder a déposé au cours de cette session une motion qui demande le contrôle des investissements directs étrangers. Le Conseil fédéral doit désormais se pencher sur cette question. Le débat est ainsi lancé sur la question de savoir si la Suisse doit continuer sur la voie du libéralisme naïf vis-à-vis de la Chine.