01.03.2018 / Articles / Le PDC / inpuncto

In puncto… Economie sociale de marché

L'économie sociale de marché ne se trouve ni au PS ni au PLR, mais au PDC.

Lors de son assemblée des délégués, le PS a débattu de son orientation économique. Les propositions des groupes de travail n’ont pas suscité d’euphorie au sein de la base du parti, pour ne pas dire plus. Une conseillère nationale du PS a même souligné que son rejet devait être interprété comme une chance donnée à direction du parti « de faire ressortir quelque chose d’utilisable de ce papier ». 

Cela aurait pu être formulé de façon plus collégiale. Un conseiller aux États a pourtant appelé le PS à s’ouvrir vers le centre sur les questions économiques. Il n’a pas été entendu et n’a pas réuni de majorité. Il a en revanche trouvé face à lui un jeune socialiste qui s’est référé au passage du programme du parti qui parle de dépasser le capitalisme.  Il a même précisé la voie à suivre : il faut considérer la propriété privée comme un vol à sanctionner et abolir. Des propos qui ont conduit le chef du groupe à condamner de manière enflammée l’ancienne Union Soviétique en la qualifiant de « système socialement et moralement raté ». Il a lancé un appel à ses camarades : « Nous ne sommes pas communistes ». Pourtant cela ressemblait en partie à ça.

Le virage au centre que ce conseiller aux États a proposé à son parti ne passe pas par le socialisme. Il passe par l’économie sociale de marché. C'est la pierre angulaire de la politique démocrate-chrétienne. Elle a apporté à l’Occident libre, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, la prospérité, la paix et la stabilité dans une ampleur sans précédent. La ligne directrice du PDC est claire  : « Une économie forte et novatrice est une condition indispensable pour la promotion du bien commun et de l’équité sociale. La Suisse est le pays des PME. Elles constituent un pilier central de notre économie. Nous nous engageons à ce que cela demeure ainsi. Nous encourageons la performance économique développée et portée conjointement par les employés et les entreprises. Nous allions liberté économique, responsabilité sociale et durabilité du point de vue écologique. L’acquisition de connaissances tout au long de la vie, l’esprit d’entreprise ainsi que le respect des capacités de chacun et la promotion des talents nous permettent d’avancer. Nous nous engageons en faveur de conditions-cadres économiques permettant à la fois la compétitivité, la création et le maintien d’emplois rémunérés à leur juste valeur tout en assurant l’équilibre entre vie familiale et vie professionnelle. Travail et performance doivent être récompensés ».

La NZZ titrait ainsi l’assemblée des délégués des sociaux-démocrates : « Le PS fait ses adieux à l’économie sociale de marché ». Je ne sais pas si on peut abandonner quelque chose que l’on a jamais voulu, connu ou mis en œuvre. Peut-être que le NZZ, si proche du PLR, ne sait pas non plus exactement ce que signifie l’économie sociale de marché. En réalité, on ne la trouve ni au PS ni au PLR, mais seulement au PDC.