17.10.2017 / Articles / Sécurité sociale / Prévoyance veillesse, inpuncto

in puncto… la preuve par le pudding

La votation sur la prévoyance vieillesse est vieille de quelques semaines. Le consensus était alors partagé par les partisans et les adversaires à la réforme sur la nécessité d’agir en cas de rejet de la prévoyance vieillesse 2020. L’AVS enregistrera bientôt chaque année des milliards de déficit. Et la prévoyance professionnelle souffre d’un taux de conversion trop élevé.

Le PDC s’est fortement engagé de manière unie pour une proposition de compromis qui devait garantir le financement jusqu’en 2035. Le peuple en a décidé autrement. Ce choix doit être accepté. Bien entendu nous travaillons de manière constructive à nouveau projet. À mon avis, la nouvelle proposition doit aussi remplir plusieurs conditions pour obtenir une majorité.

Si la volonté est d’assainir séparément le premier et le deuxième pilier, il faut l’accepter. Mais lors du vote, les deux propositions devront être soumises en même temps au peuple. Lorsque les citoyennes et les citoyens voteront sur l’AVS, ils devront savoir en pleine connaissance de cause ce qu’il adviendra de la prévoyance professionnelle, et inversement. Le peuple doit pouvoir se forger une opinion sur le niveau global des rentes.

L’âge de la retraite à 65 des femmes devrait être soutenu, comme ce fut le cas dans le projet qui a échoué. Mais le PDC doit s’engager pour garantir un équilibre juste et social. La réduction de la pénalisation du mariage dans l’AVS sera remise sur le table des discussions. Dernier point : le financement de l’AVS doit être garanti au-delà de 2035. Les opposants à la prévoyance vieillesse 2020 nous reprochaient que 2035 était un délai trop court. L’alternative qui sera proposée devra aller au-delà de cette date. Ce ne sont que quelques points qui permettront de mesurer la nouvelle mouture de réforme de la prévoyance vieillesse.

Nous sommes au début d'un processus qui ne se déroulera pas aussi rapidement et facilement que les opposants l'ont affirmé lors du vote. Pour le PDC qui veut jouer son rôle de trait d’union, il est évident que nous contribuerons de manière constructive à une nouvelle proposition d’assainissement équitable et durable de l’AVS et de la prévoyance professionnelle. Nous discuterons avec tous les partis pour voir avec qui nous pourrons atteindre au mieux nos objectifs et comment nous obtiendrons des compromis, créerons des majorités et aurons des résultats pour le bien de la population.

Parler à tout le monde signifie négocier avec tout le monde. Ni plus ni moins. Cela signifie encore moins vouloir déjà conclure des alliances ou resserrer les rangs avec d’autres partis avant d’avoir des propositions concrètes sur la table. « La preuve du pudding, c’est qu’on le mange ». Cette citation est du marxiste Friedrich Engels. Même les marxistes ont parfois raison. Cela est d’autant plus vrai en démocratie directe pour les projets de réforme complexes comme celui de la prévoyance vieillesse. Et pour l’instant toutes les composantes du pudding n’ont pas encore été mises sur la table.