11.10.2017 / Articles / Politique des institutions et droit / Initiative sur la transparence, in puncto

in puncto… transparence

L’initiative pour la transparence des partis a été déposée cette semaine avec un peu plus de 100'000 signatures. Son objectif est de rendre transparent le financement des partis. Son acceptation signifierait la fin du système de milice et le début du financement étatique des partis.

Le terme de « transparence » sonne bien à l'oreille. Il permet toujours de reprocher aux esprits critiques d’avoir quelque chose à cacher. Mais la transparence n’est pas une valeur éthique en soi. Sinon les émissions comme « Secret Story » en France seraient hautement éthiques. Et il n’y aurait plus besoin de protection des données. 

La question est de savoir pourquoi il n'est pas nécessaire de rendre transparent le soutien financier aux partis politiques. La réponse est simple : parce que nous ne connaissons pas de financement étatique. Les partis politiques suisses vivent du soutien volontaire des cercles qui leurs sont proches. À Gauche, ce sont les syndicats, les ONG et les associations. Au Centre et à Droite, ce sont les associations économiques et les entreprises.

Les personnes privées font vivre nos partis politiques. C’est le coeur de notre système de milice. À l’exception de celles et ceux qui occupent un poste à temps plein dans un exécutif, la politique reste un engagement mené à côté de l’activité professionnelle. C'est pourquoi l'État ne devrait pas le financer. Les avantages de ce système sont évidents : notre système politique est l’un des moins chers et l’un des plus efficaces au monde. Nous n'avons pas de classe politique qui fait tout pour rester au pouvoir et assurer ses arrières.

L'initiative ignore aussi une partie importante du financement direct des partis politiques, traditionnellement pratiqué en Suisse : l’engagement des femmes et des hommes politiques dans les associations, les syndicats, les ONG. Cette influence directe au Parlement est beaucoup plus efficace que n’importe quel don fait à un parti. Et précisément, les salaires touchés par ces politiciens qui travaillent dans de telles institutions ne sont pas concernés par cette initiative. Le seul objectif poursuivi par l’initiative est clairement d’empêcher l’économie de soutenir les partis favorables … à l’économie.

L'initiative sur la transparence ne rend pas tout transparent : elle veut affaiblir le système de milice, mise sur les fonds publics pour les partis et veut continuer de dissimuler les salaires versés par les organisations aux politiciens. La transparence n'est pas une valeur éthique en soi. L'honnêteté, oui.