29.09.2017 / Articles / Service public & transports / No Billag

Battons-nous pour des médias suisses forts

L’enjeu de l’initiative anti-service public (No Billag), c'est la défense des valeurs suisses, de la culture suisse, de la coloration helvétique de nos émissions. Car notre beau pays, dans sa diversité, n'atteint à bien des égards pas la masse critique qui lui permettrait de financer sans subventions la production de contenu spécifiquement suisse. Il en va de notre cohésion nationale, de l’inclusion des minorités romande, italophone et romanche ainsi que les régions périphériques.

Un logo créé par les radios et télévisions privées romandes et la RTS s'intitule tout simplement « Média de service public ». Il se décline en service public général et régional. Les médias audiovisuels romands concrétisent ainsi leur charte signée au début de l'année dernière. Ils veulent préserver la diversité médiatique romande tout en collaborant dans des domaines comme la formation, les archives, les prestations numériques ou encore la production d’émissions. L'initiative « No Billag » met en danger cette entente. Elle affaiblit les paysages audiovisuels de notre pays. C'est la porte ouverte aux télévisions étrangères – déjà très présentes –, mais aussi aux radios étrangères, toutes à l’affût.

No Billag est une initiative anti-service public

Trois points du texte de l'initiative « No Billag » sont particulièrement problématiques :

  1. "La Confédération met régulièrement aux enchères des concessions de radio et de télévision."
    En clair, les entreprises actuelles avec leurs propriétaires, leurs actionnaires et leurs collaborateurs seraient régulièrement mises sous pression par la mise aux enchères de leur concession. C’est inviter les grands groupes européens, allemands et français en tête, à s’implanter en Suisse. Ils ont des moyens considérables. Les groupes suisses ne pourraient pas résister.
  2. "La Confédération ne subventionne aucune chaîne de radio ou de télévision. Elle peut cependant payer la diffusion de communiqués officiels urgents." Concrètement, les communiqués urgents ne seraient plus diffusés qu'à Genève, Lausanne, Berne, Lucerne, Bâle, Zurich et Saint-Gall, car partout ailleurs, dans les régions périphériques et de montagne, il n'y aurait plus de média audiovisuel pour les diffuser.
  3. "En tant de paix, la Confédération n'exploite pas ses propres chaînes de radio et de télévision". La Confédération ne devrait-elle exploiter des chaînes qu’en temps de crise ou de guerre. Quelle mission aurait ces chaînes ? Qui les financerait ? Qui les gèrerait ? Pour ceux qui ont connu la « Division information, presse et radio », les coûts d'une telle organisation sont évidents ; ils se chiffrent en millions de francs.

Ce sont là les preuves que cette initiative anti-service public n’a rien à faire chez nous. Alors que la presse écrite bataille déjà pour sa survie, l’initiative risque de détruire les médias audiovisuels existants. L'heure est plutôt à la concertation pour faire converger nos forces. Ne nous tirons pas une balle dans le pied et protégeons notre cohésion nationale dans toute la diversité culturelle de ses régions.