06.07.2017 / Articles / Agriculture / Armée 2017

Les chevaux de l’armée contribuent à l’image de notre armée

Le Département fédéral de la défense, de la protection de la population et des sports (DDPS), au travers d'Armasuisse, possède actuellement 65 chevaux de selle engagés en premier lieu pour les cours et écoles des formations du train et des formations vétérinaires ainsi que pour le protocole militaire. La Chambre des cantons a dénoncé la réduction des effectifs équestres de 65 à 38 bêtes pour des raisons d’économie. Une décision qui fait grincer des dents au Conseil des Etats. Les sénateurs ont dénoncé un mauvais combat qui se trompe de cible. Entretien avec le conseiller aux Etats (PDC/VS) et 2e vice-président du conseil des Etats, qui a déposé une interpellation pour les chevaux de selle.

Jean-René Fournier, pourquoi cette réduction des effectifs est selon vous un mauvais projet ?

Le Centre équestre national est au bénéfice d’un contrat de prestations de 2,7 millions de francs par an pour remplir toutes ses missions militaires (formation des troupes du train, vétérinaires militaires, métiers du cheval,..). Réduire l’effectif des chevaux de selle à disposition de ce Centre de 65 à 38 unités pour économiser quelques centaines de milliers de francs est une manière sournoise et déguisée de pousser le Centre national vers sa disparition. 

Quelles conséquences aura cette réduction des effectifs sur les éleveurs de chevaux Franches-Montagnes ?

Cette réduction n’aurait pas de répercussions directes significatives sur les éleveurs de chevaux Franches-Montagnes. Toutefois, le Centre équestre national travaille en étroite collaboration avec des sociétés et associations équestres qui bénéficient ainsi de prestations que le Centre national ne serait plus en mesure de fournir avec un effectif de chevaux aussi drastiquement réduit. Les activités du Centre conditionnent bien souvent le développement souhaité d’activités équestres sportives et culturelles. Dans ce sens, et dans le cadre de la promotion de l’image du cheval suisse, les éleveurs de chevaux Franches-Montagnes sont également et indirectement les bénéficiaires d’un Centre équestre national performant et toujours en capacité de fournir ses nombreuses prestations.

Le Conseil fédéral maintient que la solution proposée par la conduite de l’armée est celle du compromis. Pensez-vous que ce compromis est le résultat d’un choix entre plusieurs solutions dont aucune n’est totalement satisfaisante ?

Mon avis est que cette volonté de la conduite de l’armée de réduire massivement l’effectif de chevaux de selle de la Confédération est motivée par des réflexions de nature essentiellement financières. Une approche plus globale des conséquences négatives d’une telle décision dans les domaines de l’instruction militaire, mais également des activités équestres protocolaires, sportives et culturelles, serait de nature à corriger le tir. Le Conseiller fédéral Guy Parmelin, chef du DDPS, a déclaré que la porte n’était pas complètement fermée. Nous allons nous attacher à lui démontrer que cette mini mesure d’économie à l’échelle de l’ensemble des dépenses militaires est une fausse bonne idée.