29.06.2017 / Articles / Sécurité sociale / Prévoyance veillesse

Une réforme essentielle pour la pérennité de la prévoyance vieillesse

La réforme Prévoyance 2020 a pour objectifs de maintenir le niveau des rentes de vieillesse et de stabiliser le financement de l’AVS et du 2e pilier, dans le cadre d’une révision simultanée des 1er et 2e piliers. Elle prévoit un abaissement du taux de conversion minimal LPP de 6.8 à 6%, mais avec des mesures de compensation dans la prévoyance professionnelle et l’AVS.

Dans le système suisse de la prévoyance vieillesse, l’AVS (1er pilier) et la prévoyance professionnelle (2e pilier LPP) doivent permettre ensemble de maintenir de façon appropriée le niveau de vie antérieur.

L’équilibre de ce système est mis à l’épreuve. L’espérance de vie augmente, ce qui a pour conséquence que les rentes vieillesse doivent être versées plus longtemps. La génération à forte natalité, née dans les années 1950 et 1960, arrive à l’âge de la retraite. Dans l’AVS, 3.3 actifs financent actuellement un retraité ; il n’y en aura plus que 2.2 dans une vingtaine d’années. Le 2e pilier se trouve aussi en difficulté, les placements de capitaux sur les marchés financiers ne suffisant plus à financer les rentes de vieillesse au niveau minimal prescrit par la loi. En conséquence, les actifs doivent financer une partie des rentes LPP versées aux retraités plutôt que d’épargner pour leurs futures rentes, ce qui est contraire au système de capitalisation du 2e pilier.

Si aucune mesure n’est prise, le déficit cumulé de l’AVS atteindra 41 milliards de francs en 2030. Il existe un consensus sur la nécessité d’une réforme de ces deux piliers fondamentaux de notre système de prévoyance vieillesse.

Dans l’AVS, un supplément de rente AVS de 70.- par mois (840.- par an) pour une rente entière sera versé à partir du 1er janvier 2019. Pour les couples mariés, le plafond fixé à 150% de la rente vieillesse maximale sera relevé à 155% (226.- par mois ou 2'712.- par an). Il s’agit de compenser partiellement les pertes liées à l’abaissement du taux de conversion. Ces améliorations seront financées par un relèvement des cotisations AVS de 0.3 point à partir de 2021 (0.15 pour l’employeur et 0.15 pour l’employé). Ce supplément de 70 francs correspond à une augmentation de 6% de la rente AVS minimale et de 3% de la rente AVS maximale. Cette compensation bénéficiera à toutes les personnes touchées par la réforme, en particulier à celles qui exercent une activité professionnelle et qui ne peuvent pas être affiliées au 2e pilier. Cela touche environ 500'000 femmes.

En cas d’échec de cette réforme en votation populaire, les déficits de l’AVS vont continuer à augmenter et les réserves à diminuer. La redistribution dans le 2e pilier des actifs en faveur des rentiers va également se poursuivre. Il faudra remettre l’ouvrage sur le métier, mais les difficultés rencontrées lors de cette législature pour parvenir à un compromis équilibré laissent à penser qu’il faudra de nombreuses années pour s’entendre sur une nouvelle mouture de la réforme, puis pour convaincre la population suisse.