23.06.2017 Articles Économie durable

Notre but est de renforcer la crédibilité des cantons latins

Le conseiller d'Etat fribourgeois Georges Godel a succédé en avril dernier à l'ancien conseiller d'Etat valaisan Maurice Tornay à la tête de la Conférence latine des directeurs des finances. Rencontre avec le grand argentier des cantons latins.

Vous avez été élu le 24 avril dernier à la tête de la Conférence latine des directeurs des finances (CLDF). Que représente pour vous cette élection ?

C’est bien évidemment un honneur pour moi, mais surtout une responsabilité envers la collectivité. Présider cette conférence constitue une opportunité pour appréhender les problèmes de manière globale. Nos cantons et nos régions se doivent de travailler ensemble afin de trouver des solutions cohérentes pour notre pays. Dans un système fédéraliste, cette approche collaborative est essentielle. Pour la CLDF, il s’agit avant de tout de rapporter et de défendre les intérêts de la Suisse romande auprès de la Conférence suisse des directeurs des finances, dont je suis membre également. Notre but est de renforcer la crédibilité des cantons latins par le biais d’une argumentation fondée et efficace. Il ne sert à rien de dire uniquement son désaccord et d’alimenter la critique, il faut surtout être constructif et amener des solutions concrètes.

En janvier 2017, la Conférence latine des directeurs des finances accompagnée par deux autres conférences gouvernementales romandes volait au secours de la réforme de l’imposition des entreprises (RIE III) soumise au vote le 12 février dernier. La votation a été un échec. Qu’attendez-vous du projet fiscal 17 et quel rôle joue la CLDF dans l’élaboration de ces nouvelles lignes directrices ?

Il est essentiel de tirer les enseignements du vote négatif du 12 février. D’une part, il faut constater que les communes estiment n’avoir pas été prises en compte. D’autre part, il faut accepter le fait que le bateau de mesures était trop chargé, notamment en ce qui concerne la déduction des intérêts notionnels (NID). Je pense que c’est surtout ce dernier élément qui a provoqué le référendum et finalement le naufrage du projet RIE III. A cet égard, j’aimerais relever que le canton de Fribourg a toujours démontré son sérieux et son pragmatisme en limitant clairement le catalogue de mesures et en décidant de ne pas adopter la NID.

En ce qui concerne le PF17, nous devrons être capables de construire des majorités en obtenant l’aval de l’ensemble des partis représentés aux chambres fédérales. Il s’agit de démontrer la crédibilité du projet afin de ne pas déclencher un nouveau référendum. L’enjeu est de trouver l’équilibre entre d’une part les intérêts économiques des entreprises et d’autre part des rentrées fiscales suffisantes pour assurer les prestations étatiques. Il s’agira de savoir doser les mesures et éviter toute exagération. Celles et ceux qui souhaiteraient encore défendre la NID à l’heure actuelle n’ont pas compris que le peuple suisse s’est clairement exprimé en sa défaveur.

Dans cette perspective, la CLDF se doit d’apporter sa contribution. Il s’agira notamment de défendre le fédéralisme en présentant un catalogue de mesures permettant une certaine marge de manœuvre aux cantons en fonction de leur tissu économique. Il est impératif de réussir cette réforme fiscale, il en va de l’avenir économique de notre pays et de la garantie d’un Etat en mesure d’assumer ses tâches.

En tant que Conseiller d’Etat et directeurs des finances, que pensez-vous pouvoir apporter à la Conférence latine des directeurs des finances ?

Je compte mettre mon expérience acquise au fil des années au profit de la CLDF. Malgré les difficultés, Fribourg peut se targuer d’une situation financière enviée et enviable. Nous avons démontré que nous sommes capables de trouver des solutions pour faire avancer notre canton : investir dans des projets novateurs tout en gérant des finances saines, voilà une recette qui permet d’envisager plus sereinement l’avenir des générations futures.