22.05.2017 Articles Le PDC conseil national, Parlementaire, Commission de l’économie et de redevance, poste, RIEIII

Guillaume Barazzone : quelques réalisations de notre conseiller national à Berne

Guillaume Barazzone a été élu au Conseil national du Parlement suisse en décembre 2013, en milieu de législature comme représentant du Parti Démocrate-Chrétien genevois, succédant ainsi à Luc Barthassat. Il intègre d’abord la Commission des affaires juridiques. Puis suite à sa réélection en octobre 2014, Guillaume Barazzone s’étant fait une bonne réputation à Berne, notamment dans le domaine économique, il change de commission et devient membre de la prestigieuse Commission de l’économie et des redevances dans laquelle il siège depuis 2015. A ce titre, Guillaume Barazzone est rapporteur sur des objets économiques importants. Il est également médaillé d’argent comme l’un des meilleurs parlementaires genevois par la Tribune de Genève et 24 heures en décembre 2014. Retour sur une partie de son bilan à mi-mandat.

Quelles ont été vos premières actions au Conseil national ?

L’une des premières actions que j’ai entreprises une fois élu a été de proposer la création d’un fond fédéral de dédommagement pour les victimes de l’amiante. C’est une thématique qui me tenait à cœur avant d’être élu à Berne et que je voulais réaliser une fois élu. Des milliers de personnes en Suisse ont été en contact avec de l’amiante pendant des décennies. Certaines d’entre elles ont des séquelles pour le restant de leur vie, beaucoup en sont décédées. La création de ce fond permettra de dédommager les personnes qui ont été victimes de cette exposition nocive pour leur santé. Au-delà du dédommagement financier, il s’agit d’une reconnaissance de l’Etat envers les personnes exposées à l’amiante du risque, pendant longtemps sous-estimé, auxquelles ses personnes étaient exposées. Le Conseil national et le Conseil des Etats ont voté cette proposition, le Conseil fédéral est en train de la mettre en œuvre.

Vous avez également très vite déposé un objet parlementaire pour lutter contre le bruit. La santé est un thème qui vous tient à cœur ?

En tant que maire de Genève, deuxième ville de Suisse, je suis particulièrement sensible aux questions et aux défis que pose l’urbanisation de la société. Mais c’est sûr qu’avec deux parents médecins, la santé est une thématique à laquelle je suis particulièrement sensible. Pour moi, le développement de notre société se fera clairement en milieu urbain. Mais le développement de la ville ne doit pas se faire à n’importe quel prix. C’est un défi particulièrement important pour une ville et un canton aussi dense que Genève. Nous travaillons d’ailleurs de concert sur cette préoccupation avec Luc Barthassat en sans qualité de Conseiller d’Etat en charge de l’environnement du canton. En Suisse, 1,2 million de personnes sont affectée par les nuisances sonores, ce qui engendre un coût global d’environ 1,2 milliard de francs (ce chiffre comprend les coûts de la santé). A ce titre, le bruit en milieu urbain est l’une des principales questions et enjeux de santé publique pour notre société. C’est l’OMS qui le dit, pas moi. C’est pourquoi j’ai fait adopter un postulat qui demande que le Conseil fédéral présente un plan national de mesures pour lutter contre le bruit. En Ville de Genève par exemple, nous consacrons une part importante des investissements à équiper les voies de circulation de revêtement phonoaborbant. La différence dans certains quartiers avant et après la pose de ce revêtement est saisissante. Cela peut complétement changer la vie dans certains quartiers ! Toutefois, la lutte contre le bruit devrait principalement se faire à la source, là d’où vient le bruit. Il ne suffit pas de poser du revêtement phonoabsorbant ou du double vitrage. Il faut que la Confédération encourage par exemple l’acquisition de pneus de voitures moins bruyants ou de pots d’échappements silencieux afin de réduire la formation et la propagation du bruit excessif.

Vous vous êtes également illustré à propos des activités de La Poste à l’étranger. Pouvez-vous nous en dire plus ?

J’estime que les activités de La Poste doivent principalement se concentrer en Suisse. En tant qu’entreprise publique, La Poste joue un rôle important de service public. Je trouve inadmissible que La Poste ferme de plus en plus de bureaux de poste de quartier (1800 offices postaux ont été fermés ces 15 dernières années) au nom de la rentabilité de l’entreprise tout en développant des activités peu, voir pas rentables du tout, à l’étranger. La Poste doit respecter le mandat du Conseil fédéral en ne prenant pas de risques financiers dans des activités à l’étranger. C’est pourquoi j’ai interpellé le Conseil fédéral sur la stratégie dite du Hunter pour laquelle a opté La Poste en France notamment par le biais de sa filiale Car Postal France. Ma motion a été acceptée par le Conseil national mais malheureusement rejetée par le Conseil des Etats. Toutefois cette motion a eu le mérite de soulever le débat sur les activités risquées de La Poste à l’étranger. Plusieurs acteurs m’ont d’ailleurs soutenu dans ma position. La société Car Postal France a d’ailleurs été condamnée depuis par la justice française en 1ère instance pour violation des accords de libre échange entre la Suisse et l’Union européenne. C’est problématique ; affaire à suivre.

Récemment, vous avez également obtenu une victoire sur votre motion sur la pénalisation du commerce des espèces menacées. Pourquoi avoir déposé cette motion ?

Au-delà de la protection de ces espèces, il y a un énorme enjeu écologique auquel nous faisons face. Concrètement, ce que demande cette motion c’est le fait de considérer le commerce industriel ou coutumier d’espèces menacées ou de produits qui en sont issus comme un crime alors qu’il est considéré actuellement comme un simple délit. Une multitude d’espèces de la faune et de la flore sont aujourd’hui menacées d’extinction à travers le monde par la pratique du braconnage, de la pêche excessive et du commerce illégal. Or ces espèces sont vitales à notre survie ! Aujourd’hui, le poisson représente 16 % des protéines absorbées par l’homme. Il en résulte que la pêche constitue une source de nourriture importante pour l’alimentation d’un milliard de personnes, surtout dans les pays du Sud. Si nous ne faisons rien, nous courons à la catastrophe ! Cette motion a été acceptée par le Conseil national et le Conseil des Etats. Le Conseil fédéral doit désormais prendre des mesures et proposer une modification législative. La plupart des états voisins ont adopté des sanctions très lourdes à l’encontre des trafiquants d’espèces menacées. En France par exemple, l’amende à l’encontre des contrevenants peut s’élever jusqu’à 1 million d’euros alors qu’en Suisse le plafond de l’amende est de 40000 francs, ce qui est une somme ridicule et indolore pour les bandes organisées qui opèrent ces crimes. Il faut éviter que la Suisse devienne une plaque tournante de ce commerce. Pour éviter cela il faut que la lutte contre le commerce illégal d’espèces protégées et menacées soit renforcée en Suisse.

Quels sont les dossiers sur lesquels vous travaillez en ce moment ?

En tant que membre de la Commission de l’économie et de redevance, je travaille actuellement avec mes collègues sur une flexibilisation de la Loi sur le travail. L’enjeu est d’adapter à la réalité d’aujourd’hui cette loi qui avait été taillée pour le secteur industriel et qui est restée relativement inchangée depuis. Notre but est de rendre le cadre législatif plus flexible pour les employeurs mais également pour les employés en favorisant notamment la conciliation entre la vie privée et la vie professionnelle. Il s’agit par exemple de donner une place plus importante au télétravail. L’autre gros dossier sur lequel nous commençons à travailler est la nouvelle loi sur la réforme de l’imposition des entreprises. Après l’échec de la RIE3 devant le peuple, nous devons rapidement trouver un compromis politique afin de moderniser notre système fiscal pour les entreprises afin de rester compétitif, attractif et pourvoyeur d’emplois pour la classe moyenne. L’enjeu est de taille pour trouver un projet équilibré, mais en tant que parti du centre-droit le PDC peut jouer un rôle de leader dans ce dossier entre les partis de gauche et de droite. Nous avons d’ailleurs été auditionnés récemment avec Gerhard Pfister à la table ronde organisée par le Conseil fédéral. Nous pouvons également compter sur l’excellent travail de Serge dal Busco à la tête des finances du canton pour avancer dans ce dossier. Il s’agit d’un dossier essentiel la prospérité de la Suisse et de Genève en particulier.

Propos recueillis par Basile Dacorogna, secrétaire-général PDC Genève