18.04.2017 / Articles / Politique extérieure / in puncto, Turquie, Referendum, Etats de droit, démocratie, Didier Burkhalter, libéralisme

in puncto… Turquie

Le référendum a entériné de justesse le renforcement des pouvoirs du président turc. Un pas de plus vers un système autocratique et islamiste. Une évolution logique, pour ceux qui ont suivi l’évolution de ce pays ces dernières années.

Durant la campagne électorale la communauté des « valeurs européennes » a autorisé que des membres du gouvernement turque mènent campagne, dans des Etats de droit démocratique, pour le référendum et l’abolition des droits démocratiques fondamentaux. Il a été permis, de surcroît, de diffamer sans retenue des minorités turques dans un pays occidental.

En Allemagne, les déclarations de ressortissants turcs naturalisés ayant participé à de telles manifestations ont mis à jour un rapport hautement problématique au pays qui leur a octroyé la citoyenneté et toutes les libertés démocratiques. Alors que ces individus vivent en toute liberté et sécurité, ils ont voté pour la suppression de la démocratie en Turquie et exigent des droits spéciaux pour les musulmans en Europe.

Les résultats du vote en Allemagne est également logique. Une claire majorité des Turcs qui vivent en Allemagne, Belgique, Autriche, France et aux Pays-Bas a décidé que celles et ceux qui vivent dans leur pays d’origine doivent accepter l’abolition de la démocratie et la fin d’une procédure judiciaire régulière. En revanche, à Istanbul et Ankara une majorité l’a rejeté. Tout comme la majorité des Turcs qui vivent en Suisse et en Arabie saoudite.

Il y a quelques semaines, le Ministre suisse des affaires étrangères, Didier Burkhalter, a rejeté une demande d’élus du PDC exigeant l’octroi d’une autorisation aux politiciens étrangers qui souhaitent s’exprimer en public en Suisse, une mesure qui était inscrite dans la Constitution fédérale jusqu’en 1998. Pour lui, ce temps était révolu. Il se trompe. La Suisse serait bien inspirée de ne pas tolérer, sur son territoire, les appels de politiciens étrangers à supprimer la démocratie dans d’autres pays. Mais aussi les manifestations qui appellent à l’assassinat de chefs d’Etats étrangers. Le libéral Didier Burkhalter a confondu libéralisme et indifférence. Comme le gouvernement de la ville de Berne. Peut-être qu’une comparaison des résultats du vote des Turcs en Suisse avec ceux en Allemagne, Belgique ou en France les aideront à réaliser que parfois, mettre des limites est plus libéral que prôner l’indifférence. Peut-être que les autorités bernoises ainsi que le Conseil fédéral se comporteront à l’avenir de manière un peu moins naïve dans l’octroi d’une autorisation à manifester pour des votations à l’étranger ou pour des apparitions publiques de politiciens étrangers sur notre territoire.