15.04.2017 / Articles / Le PDC / Nicolas de Flüe, paix, neutralité, Croix-Rouge

Frère Nicolas, le père de la paix

Nicolas de Flüe n’est pas seulement le protecteur de la Suisse contre la guerre et les conflits intérieurs, il est le porteur de l’ADN de son identité nationale, une et fédéraliste. Lorsqu’à tous les niveaux de l’Etat – communes, cantons et Confédération – nous dirigeons notre pays en intégrant toutes les sensibilités à l’exercice du pouvoir, nous ne faisons rien d’autre que ce qu’a fait Frère Nicolas en 1481 en réconciliant les cantons-ville et les cantons-campagne et en les convaincant d’étendre le partage de leur idéal commun de liberté à Fribourg et Soleure.

Ce qu’il y a de fort chez Nicolas de Flüe, c’est sa capacité à transformer en culture civique un renoncement des acteurs politiques à une partie de leurs exigences au profit d’un bien communautaire plus élevé. Ce phénomène se traduit dans notre société suisse contemporaine par notre propension à chercher des solutions équilibrées où chaque sensibilité est plus ou moins prise en considération. C’est une composante essentielle de la cohésion nationale.

Un esprit de paix

La recherche constante de la paix a guidé le parcours de Frère Nicolas dont la personnalité a tellement marqué le destin de la Suisse que celle-ci a très rapidement opté pour la neutralité, qu’elle a vu la naissance de la Croix-Rouge et qu’elle offre aujourd’hui ses bons offices, partout dans le monde, à qui veut saisir cette chance.

Cette paix, si précieuse, mais inestimable au vrai sens du terme, parce qu’elle ne se trouve pas sur le marché, cette paix ne peut régner que dans un ordre humain relativement juste, lui-même fruit d’un certain amour pour son prochain. Malgré la sécularisation rampante de nos institutions et la déchristianisation galopante en cours, il demeure encore possible de se convaincre par la seule raison des avantages d’une telle société. Cet esprit de paix, profondément vécu par Nicolas de Flüe et insufflé aux institutions de notre pays, nous permet de maîtriser quotidiennement nos antagonismes. Et cela, depuis des siècles !

L’enseignement et le charisme de Nicolas de Flüe

Le monde politique suisse est-il conscient de l’influence qu’a exercée le médiateur sur les règles qui le régissent aujourd’hui encore ? Rien n’est moins sûr ! Certes, la statue de Frère Nicolas se dresse-t-elle dans le hall du Palais du Parlement à Berne et la Constitution de 1999 invoque-t-elle la protection divine, mais l’empressement du Conseil fédéral à célébrer les 600 ans de la naissance de l’ermite ne cesse de surprendre par sa tiédeur initiale. Le temps est certes réparateur, mais grâce à la ferveur de celles et ceux qui croient au charisme de Frère Nicolas et à la pérennité de son enseignement.

Nicolas de Flüe, un vrai patron, d’une terrible efficacité et d’une impressionnante modernité, pour la Suisse pacifiée et un monde déchiré.