31.03.2017 / Articles / Politique des institutions et droit / in puncto, Union européenne, Europe, Unification

in puncto… L’anniversaire de la construction européenne

La réunion des chefs d’Etats à Rome pour fêter les 60 ans de l’Union européenne a été l’occasion de rendre hommage, une nouvelle fois, au projet d’unification européenne. Historiquement parlant, l’Europe n’a jamais connu une si longue période de paix et de prospérité que depuis ces 60 dernières années.

Un pays comme la Suisse, qui a été épargnée par la guerre et la pauvreté sur une période encore plus longue, doit se garder de toute position hautaine à l'égard de l'Europe. La réussite historique des pères fondateurs de l’Union européenne est d’avoir cru que le commerce mutuel, l’ouverture et la liberté amèneraient aux peuples la paix, la prospérité et la sécurité. 

Mais les gouvernants actuels de l’UE n’ont pas le choix de reconnaître que seule une nouvelle politique européenne maintiendra cette situation au 21ème siècle. L’Europe est un vieux continent qui doute de lui-même, manque de dynamisme et qui fait face à des défis énormes en termes de migration, politique économique et politique monétaire. A l’époque, l’unification, la réduction des différences et la centralisation étaient importantes au succès de la construction de la Communauté européenne. Aujourd’hui, il est judicieux de modeler l’UE de manière plus fédéraliste, diversifiée et pragmatique. La plus grande force de l’Europe est sa diversité dans un espace comparativement plus restreint. C’est un énorme potentiel en termes de compétitivité, innovation et créativité.

C’est ce qui rend le mode de vie européen si attractif et singulier. Ces vertus ont justifié autrefois la valeur de l’Europe. Elles me paraissent toujours aussi actuelles pour offrir à l’Europe un avenir prospère au 21ème siècle. Si l’UE devient plus fédéraliste, pragmatique et tient compte des diversités, elle gagnera à nouveau la confiance des gens. La décision de la Grande-Bretagne de quitter l’UE est une chance. Car elle oblige, dans le meilleur des cas, à trouver dans la diversité des nouvelles formes d’unité européenne. Un chef d’Etat russe a dit un jour que celui qui vient trop tard sera puni par la vie. Il a saisi cette chance historique en faveur de l’Europe. Ensemble avec les chefs d’Etat allemand, français, anglais et américain. Les gouvernants actuels s’en sont peut-être souvenus en fêtant à Rome.