21.03.2017 Articles Formation et recherche Politique de formation, Nouvelles technologies, Système de formation, Intégration professionnelle

Pour une politique de formation citoyenne, efficiente et durable

Face à une société qui évolue à une vitesse prodigieuse, face à des avancées technologiques qui révolutionnent autant l’économie que les rapports humains, notre système de formation doit absolument être protégé des mouvements de surface pour continuer de remplir sa mission première et rester la gardienne de nos valeurs. Cette mission première est de préparer les nouvelles générations à entrer dans la vie active, à s’intégrer dans la société et à y tenir leur rôle en toute conscience. Pour moi, trois axes forts caractérisent ce que doit être notre politique de formation : citoyenneté, efficience et pérennité.

Notre politique de formation doit être citoyenne, parce qu’elle doit donner à notre jeunesse les moyens de comprendre le monde et d’être capable d’y agir en respectant les valeurs communautaires qui nous sont chères, le respect, la solidarité et le dialogue. Il est primordial que notre système de formation responsabilise l’individu, lui permette de prendre conscience de la portée de ses actes et l’encourage à agir pour le bien de tous.

Intégration professionnelle

Le deuxième pilier de notre politique de formation est l’efficience dans le processus d’intégration professionnelle. Il n’y a pas d’intégration sociale sans intégration professionnelle et il est primordial que les jeunes générations trouvent très rapidement une place dans le monde du travail. Nous avons la chance de disposer d’un système de formation professionnelle piloté par des écoles qui agissent en étroite collaboration avec les organisations du monde du travail. Nous devons conserver cette proximité pour que nos formations correspondent aux besoins des entreprises.

Enfin, le dernier axe est la pérennité des connaissances acquises dans un environnement en mouvement permanent. Un système de formation durable donne des bases solides et indépendantes des moyens techniques utilisés. Il apprend à apprendre, il donne les méthodes, il favorise l’analyse. Les compétences transversales que sont l’organisation, la communication, la méthodologie ne seront jamais obsolètes. La compétence-clé de demain sera sans doute la capacité d’adaptation face aux énormes défis qui sont devant nous.

Acquérir le sens critique

Le premier d’entre eux consiste à apprendre à utiliser et à gérer les nouveaux moyens de communication. La numérisation va bouleverser nos méthodes de travail et notre rapport à l’écrit. L’école devra faire sa propre révolution numérique, car qui dit nouveaux moyens dit aussi nouvelles méthodes. Notre système de formation doit intégrer ces nouvelles technologies tout en les replaçant dans un cadre d’analyse, les utiliser comme outils tout en permettant de distinguer information et bavardage, vérité et publicité. Plus que jamais, acquérir le sens critique fait partie de la mission de l’école.

Le deuxième défi est celui de l’intégration. Notre système devenu élitiste n’accorde plus de place à ceux qui ne disposent pas des compétences requises pour occuper un emploi qualifié. L’acquisition de compétences de base suffisantes pour entrer en formation professionnelle est un objectif prioritaire de notre système, qui doit accroître ses efforts pour éviter la marginalisation de couches entières de population.

Face à ces enjeux d’importance, notre système de formation doit pouvoir compter sur le soutien et la participation active de toutes et tous. C’est aujourd’hui, dans nos écoles et centres de formation que se dessine la Suisse de demain.