17.03.2017 / Articles / Environnement et énergie / Stratégie énergétique 2050, PDC Genève, CO2, énergies renouvelables (1702

Stratégie énergétique 2050 : indispensable pour la Suisse

La Stratégie Energétique 2050 est la réponse de la Suisse pour pouvoir sortir du nucléaire et pour réduire massivement ses émissions CO2. Elle a été validée récemment par les chambres fédérales après de longs débats. Cette stratégie sera soumise à votation populaire en 2017 puisqu’elle a été combattue par référendum par l’UDC. Pour remplacer les cinq centrales nucléaires (33% de notre approvisionnement en électricité), cette stratégie prévoit d’agir sur la production et sur la consommation d’électricité. Pour réduire les émissions de CO2, elle prévoit d’agir sur les bâtiments et sur la mobilité.

Pour la production d’électricité, il est prévu d’interdire la construction de nouvelles centrales nucléaires et d’arrêter progressivement les centrales actuelles sur le seul critère de la sécurité, décision devant être prise par l’IFSN (Inspection Fédérale pour la Sécurité Nucléaire). Il est aussi prévu d’augmenter la part des énergies renouvelables à 20% à fin 2035 (2.4% aujourd’hui) via l’augmentation du plafond de la RPC de 1.5 à 2.3 cts/kWh. Cette RPC inclura désormais un soutien aux grandes centrales hydrauliques qui ont des coûts de revient supérieurs au prix du marché de l’électricité. Toutefois, tous ces mécanismes seront limités dans le temps puisqu’ils s’arrêteront en 2031.

Mieux et moins consommer

L’efficience énergétique reste le parent pauvre de cette stratégie. Tous les mécanismes « pour mieux et moins consommer » proposés lors des débats n’ont malheureusement pas été retenus (par exemple : le mécanisme du bonus/malus pour les fournisseurs d’énergie, les certificats blancs, l’option permettant aux gestionnaires de réseaux de répercuter sur le timbre d’acheminement les coûts de mesures d’efficience). Seuls des objectifs non contraignants de consommation d’énergie (-43% en 2035) et d’électricité (-13% en 2035) sont mentionnés.

Concernant la mobilité, les prescriptions d’émissions de CO2 pour les voitures de tourisme seront plus sévères. Elles seront fixées à 95 g CO2/km à fin 2020, en remplacement de l’objectif actuel de 130 g CO2/km à fin 2015. Pour le chauffage, il est prévu d’augmenter le fonds CO2 de 300 à 450 MCHF, le tiers de ce fonds pouvant être utilisé pour des mesures d’isolation des bâtiments et d’assainissement des systèmes de chauffage.

En outre, ce paquet prévoit d’autres mesures qui permettent de faciliter le développement des énergies renouvelables ou de réduire les émissions de CO2. Par exemple :

  • La fixation dans la loi du principe de « l’intérêt national » pour certaines installations de production d’énergie renouvelable.
  • La possibilité offerte aux particuliers pour déduire fiscalement sur une période de deux ans des investissements effectués pour réduire leur consommation d’énergie.
  • L’accélération des procédures d’autorisation de construire des installations de production d’énergie renouvelable.
  • Les contributions globales ou particulières versées aux cantons qui sont des « bons élèves ». C’est-à-dire aux cantons qui mettent en place des programmes d’efficience énergétique généralisés.
  • La définition de conditions-cadres pour l’utilisation de « compteurs intelligents », technologie qui ouvre de nouvelles opportunités d’efficience énergétique pour les clients et les acteurs du marché.

Investir dans les énergies renouvelables

Pour conclure, cette Stratégie énergétique 2050 est un pas en avant indispensable pour notre pays. Elle lui permettra d’effectuer progressivement sa transition énergétique vers l’utilisation de technologies moins risquées (suppression à terme du risque nucléaire) et moins polluantes. Cette stratégie doit aussi être considérée comme une opportunité pour la Suisse et pour Genève pour réduire la facture d’énergie fossile versée aux pays producteurs de pétrole, de gaz et de combustible nucléaire (plus de 20 Milliards CHF / an). A la place, on pourra désormais investir intelligemment cet argent dans des énergies renouvelables et locales et créer ainsi de la valeur ajoutée, des emplois et des entreprises en Suisse et dans notre canton.