08.03.2017 / Articles / Santé / Réforme prévoyance vieillesse, Prévoyance veillesse, AVS, Rentes AVS

Qui l’emportera ? Le bon sens ou personne ?

Il y a 70 ans le peuple suisse acceptait à plus de 80 % la création de l’AVS. Au cours des 50 premières années, l’AVS a été révisée dix fois et pour la dernière fois le 1er janvier 1997. Depuis 20 ans aucune révision n’a été fructueuse. Les propositions de réforme ont échoué à chaque fois en raison d’une alliance contre nature entre la gauche et la droite au Parlement ou devant le peuple. Tandis que la gauche ne voit ni l’utilité d’une réforme ni l’enjeu financier, et souhaitait même l’année dernière, par le biais d’une initiative populaire augmenter la rente AVS de 10 % pour tous, la droite propose l’augmentation de l’âge de la retraite à 67 ans pour les femmes et les hommes.

Si nous souhaitons assurer nos rentes, dans un contexte de vieillissement démographique croissant, il est nécessaire de trouver un compromis équitable. Après 20 ans, nous devons construire enfin un projet qui aura une chance devant le peuple. En automne 2014, le Conseil fédéral a approuvé le message relatif à la réforme « Prévoyance vieillesse 2020 ». En sa qualité de première Chambre, le Conseil des Etats a tout d’abord examiné le projet. Avec l’adaptation du taux de conversion de 6,8 à 6 %, l’égalisation de l’âge de la retraite des femmes et des hommes à 65 ans et l’augmentation de 70 francs de l’AVS, le Conseil des Etats est parvenu à un compris convaincant. Ces changements concernent bien entendu uniquement les futurs rentiers.

En septembre dernier, la majorité de droite au Conseil national n’a pas voulu entendre parler des propositions du Conseil des Etats. Le Conseil national a décidé, en lieu et place d’une augmentation de 70 francs de l’AVS pour les futurs rentiers, une élévation de l’âge de la retraite à 67 ans pour les femmes et les hommes. Jusqu’à aujourd’hui, les deux Chambres campent sur leurs positions. De ce fait, une conférence de conciliation est fixée la semaine prochaine afin d’éliminer les divergences. Si le projet issu de la conférence ne trouve aucune majorité dans l’une des Chambres, le projet ne sera plus à l’ordre du jour et par conséquent sera enterré.

La gauche soutient le compris raisonnable du PDC

L’année dernière encore, la gauche voulait avec son initiative populaire augmenter de 10 % pour toutes les rentes AVS. A présent, elle soutient l’âge de la retraite à 65 ans pour les femmes et les hommes et accepte l’abaissement du taux de conversion LPP de 6,8 à 6 %. Concrètement, cela signifie 12 % de rente en moins dans le régime obligatoire de la LPP. C’est pourquoi les rentes AVS doivent être augmentées de 70 francs pour les futurs rentiers. Force est de constater, que la gauche a fait quelques concessions et soutient le compromis raisonnable du PDC.

Tirer des leçons du passé

Par contre, le PLR et L’UDC n’ont toujours pas compris que la diminution de 12 % des rentes dans le régime obligatoire du 2ème pilier et l’augmentation pour tous de l’âge de la retraite à 67 ans, ne trouvera jamais une majorité. Avec de telles propositions radicales de démantèlement, la proposition de réforme ira à nouveau droit dans le mur. En 2010, le PLR et l’UDC ont combattu de manière irréfléchie la votation populaire sur la modification de la loi fédérale sur la prévoyance professionnelle vieillesse, survivants et invalidité (LPP) (Taux de conversion minimale). A l’époque, le peuple suisse avait refusé massivement une réduction du taux de réduction avec plus de 70 %. Prenons aussi comme exemple la votation sur la troisième réforme de l’imposition des entreprises (RIE III). Ici aussi le peuple a balayé cet objet jugé trop surchargé. Le devoir de la politique consiste à tirer des leçons au lendemain de telles votations.  

La solution doit primer sur l’idéologie

Nous sommes tous d’accord sur un point. La solution qui coûte le plus cher est l’échec du projet de réforme prévoyance vieillesse 2020. Cela prolongerait les années d’immobilisme, engendrerait une croissance incontrôlée des dépenses et déboucherait sur une augmentation des impôts ou plus de dettes. Personne au sein du camp bourgeois ne peut approuver une telle situation. Il convient de remédier sans délai à cet enlisement de la réforme qui dure depuis vingt ans. La solution doit primer sur l’idéologie. La baisse du taux de conversion dans le deuxième pilier est un objectif central. Uniquement de cette manière il sera possible d’assurer durablement la stabilité des caisses de pension. Pour le PDC aucun modèle, autre que celui qui consiste à augmenter de 70 francs la rente AVS, ne passera la rampe du vote populaire. Un projet de pur démantèlement pour les futurs rentiers n’a aucune chance devant le peuple. Je ne perds pas l’espoir que le bon sens triomphera également la semaine prochaine au Conseil national.