14.02.2017 / Articles / Politique des institutions et droit / in puncto, dimanche de votation, démocratie directe, Votations

in puncto… la volonté du peuple

J’aime les dimanches de votations. Le moment de vérité, après des mois de discussions, de débats, de confrontations avec les collègues et les résultats des sondages parfois positifs ou négatifs. Le peuple décide. Le dernier mot lui appartient. Et parfois, il confie un nouveau mandat au Conseil fédéral et au Parlement. Cela s’appelle la démocratie directe.

Je trouve intéressant les réactions de mes collègues aux résultats des votations. Lorsqu’ils « gagnent », sont-ils exaltés par la victoire ? L’utilisent-ils pour nuire, avec un malin plaisir, à leurs adversaires politiques défaits ? Et lorsqu’ils « perdent », acceptent-ils la décision populaire ? À qui attribuent-ils la cause de leur défaite ?

J’ai écrit cette rubrique un jour après le rejet massif par le peuple de la troisième réforme de l’imposition des entreprises, l’adoption nette de la naturalisation facilitée et l’acceptation tout aussi nette du financement des routes, comme il y a trois ans pour le rail.

Certains réclament la démission d’un conseiller fédéral dont l’objet a été rejeté par le peuple. D’autres twittent que ce dimanche de votations est un « jour sombre pour la démocratie ». Quant aux commentaires des différents journaux en ligne, certains veulent quitter la Suisse car le peuple, dépeint comme « idiot », a soutenu la naturalisation facilitée au détriment de la réforme fiscale. Ce sont probablement les mêmes, qui en décembre dernier se plaignaient du non-respect de la volonté populaire sur l’immigration de masse. Un parlementaire bourgeois explique l’impossibilité de revenir sur certains points  de la réforme fiscale (et ce, alors que le peuple avec son Non a exprimé le contraire). Un autre parlementaire bourgeois veut, quant à lui, supprimer la double nationalité, après que le peuple – qui avait connaissance de cette possibilité – a accepté la naturalisation facilitée.

J’aime les dimanches de votations, car ils permettent de voir clairement comment certains politiciens appréhendent les décisions populaires. Si le peuple vote comme attendu, il est perçu comme intelligent et modéré et il est possible de mettre en œuvre la volonté du peuple à la virgule près. Si le peuple vote de manière inattendue, c’est que malheureusement il s’est laissé embobiner par la propagande et remarquera assez rapidement son erreur. Par contre, ceux que nous entendons très peu lors des dimanches de votations, sont les politiciens qui acceptent la décision populaire sans « si » et sans « mais ». Les politiciens qui admettent que leurs arguments et leurs choix n’étaient pas les bons. J’ai parfois aussi de la peine à contenir ma réaction en prenant pour la première fois connaissance des résultats. Mais aujourd’hui, avec un peu de recul, je peux vous assurer que le PDC a retenu la leçon. Il faut proposer une nouvelle réforme fiscale que le peuple juge équilibrée et équitable. Nous nous engagerons dans ce sens.