13.02.2017 / Articles / Politique de migration / Vatican, Réfugiés, Maires européens, Valeurs démocrates-chrétiennes

Guillaume Barazzone au Vatican pour échanger sur les réfugiés

A l’invitation du pape François, une quarantaine de maires européens, dont le maire PDC de Genève Guillaume Barazzone, ont discouru sur l'accueil des réfugiés les 9 et 10 décembre 2016 à l’Académie des sciences du Vatican. Un sommet « éminemment politique », selon Guillaume Barazzone, qui a rencontré à cette occasion ses homologues.

Guillaume Barazzone, quel message avez-vous porté à Rome ?

J’ai insisté sur l’importance d’intégrer les migrants dès leur arrivée. Or l’intégration requiert des moyens. Près de 80% des 580 000 personnes arrivées en Suisse entre 2000 et 2010 se sont établies dans des municipalités urbaines. Les villes sont en première ligne en matière d’asile bien qu’on ne leur attribue pas cette compétence en droit. Toutes les villes européennes ont travaillé dans l’urgence lors de l’afflux des réfugiés syriens. Il faut du temps pour mettre en place des structures pérennes. La Ville de Genève y travaille. J’ai également évoqué l’importance d’intensifier la lutte contre la traite d’êtres humains et le rôle que la Suisse a dans ce combat. Enfin, il est souhaitable que les réfugiés regagnent leur pays quand la situation le permet à nouveau, afin de pouvoir en accueillir d’autres. L’aide au développement est en ce sens primordiale.

Quelles sont les expériences des villes européennes qui vous ont marqué ?

J’ai senti le maire de Lesbos (ndlr: une île grecque) totalement désarmé tout en étant courageux. Selon lui, l’Union européenne n’a pas pris de décisions quant à la gestion de la crise migratoire. Il aurait souhaité que l’Europe soit plus ferme à l’égard de la Turquie. Le maire de Naples, lui, a souligné la solidarité de sa population, pourtant en proie à des difficultés sociales et économiques. Le maire de Lisbonne a déclaré vouloir accueillir plus de réfugiés, mais qu’ils ne passaient pas par sa ville. J’ai été frappé par le manque de coordination en matière de répartition. Il faut être vigilant sur ce point. Les Allemands, qui ont accueilli de nombreux réfugiés proportionnellement aux autres pays du nord de l’Europe, sentent monter une tension dans la population. Il est important que la répartition des réfugiés soit bien faite, car au final, ce manquement peut se retourner contre eux.

(Extrait d’une entrevue parue dans la Tribune de Genève du 9 décembre 2016)

L’un des principaux thèmes pour le PDC en 2017 est le débat sur les valeurs démocrates-chrétiennes. L’accueil de réfugiés qui ont fui leur pays pour une raison humanitaire touche à ces valeurs. A cette occasion, je me réjouis de discuter au sein du parti de la question de l’intégration des réfugiés dans notre pays.