09.02.2017 / Articles / Santé / in puncto, médecin de famille, Médecine, caisse maladie, primes, coûts de la santé, classe moyenne

in puncto… la santé, un luxe

Dans le « Migros Magazine » du 6 février dernier, un article soulignait la pénurie de médecins de famille en Suisse. Les médecins retraités continuent à travailler, car ils ne trouvent pas de successeurs prêts à endosser un travail exigeant et bien moins rémunéré que celui des spécialistes. Le profil de médecin de famille est apparemment peu attractif pour les étudiants en médecine. Malgré l’adoption par le peuple du contre-projet à l’initiative populaire « OUI à la médecine de famille » rien ne change. Et si changement il y a, il ne va pas dans le bon sens.

Un médecin de famille se plaint des caisses maladies qui lui font de « moins en moins confiance » et des prestataires généralistes bon marché de la santé qui exigeraient toujours plus de bureaucratie. Force est de constater, que la paperasse mobilise 20 % des activités du médecin de famille. Au détriment de sa mission première.  

Outre les médecins retraités, la parole est aussi donnée à un représentant d’un institut pour l’économie de la santé. Selon lui, nous faisons appel à plus de prestations que nécessaire. Il laisse ouverte la question de savoir si l’offre est trop importante. Les coûts découlent du prix et de la quantité. Soit nous baissons le prix, soit nous limitons le volume proposé. « La raison principale qui explique l’augmentation massive des coûts de la santé, ces dernières années, est l’augmentation du revenu. Nous pouvons dépenser beaucoup d’argent pour la santé et nous le faisons. La médecine est un produit de luxe. Tout ce qui est proposé est très demandé. Si les Suissesses et les Suisses n’étaient pas si aussi riches, nous dépenserions moins d’argent et l’utiliserions pour l’alimentation et les autres besoins de base ».

Reste à savoir qui est ce « nous » qui peut encore s’offrir le luxe de la santé. Certainement pas la classe moyenne qui ne reçoit aucune réduction de prime. Depuis dix ans, le coût de l’alimentation a baissé. Mais avec le prix de la santé qui a augmenté de manière disproportionnelle, l’effet est le même : la classe moyenne souffre.

Les politiciens bourgeois de la santé, pour autant qu’ils ne souhaitent pas être de simples lobbyistes d’un « marché » – qui en réalité, n’en est plus un depuis fort longtemps – ont une lourde responsabilité : ils doivent, par une approche libérale, freiner de manière efficace et drastique la montée des coûts de la santé. Et rapidement, car le temps presse et la souffrance est grande. Le peuple a rejeté, jusqu’à présent, toutes les idées de la Gauche d’une intervention régulatrice de l’Etat. Il ne veut pas d’une caisse unique. Mais si les politiciens bourgeois de la santé ne sont pas capables de soulager la charge des primes payées par la classe moyenne, celle-ci perdra patience. Et les propositions de la Gauche auront une chance.