26.01.2017 Articles Politique extérieure in puncto, Etats-Unis, Donald Trump, Chine, Capitalisme

in puncto… la longue marche de Mao

À l’aube de 2017, le monde est bouleversé. Lors du Forum économique mondial de Davos, le conclave annuel des grands prêtres internationaux du capitalisme, apparaît le président du parti communiste et chef d’État de la Chine, qui est toujours (provisoirement) la deuxième puissance économique mondiale. Il livre alors un plaidoyer engagé en faveur de l'ouverture des marchés, du libre commerce et des bénédictions de la mondialisation.

Quelques jours plus tard, aux États-Unis, qui sont toujours (provisoirement) la plus grande puissance économique mondiale, prête serment le nouveau président d’une nation qui incarnait mieux que quiconque le rêve capitaliste libéral. Dans son discours, il promeut le protectionnisme et les droits de douane, les politiques autocentrées et le repli sur soi.

Le vieux gourou de la politique extérieure américaine, Henry Kissinger, architecte de la visite historique rendue à Mao Zedong par le président Nixon en 1972, a prédit l'alternative suivante : soit Trump n’appliquera pas ses promesses (ses menaces ?) de campagne, soit, s’il le fait, il faut craindre une guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine.

Une guerre que perdrait à coup sûr la classe moyenne américaine. Beaucoup de produits lui deviendraient en effet inabordables si Trump appliquait des droits de douane aux importations. Souvent, si un ménage américain peut se permettre d’acheter une voiture - qu’il s’agisse d’une Ford ou d’une Toyota - c'est parce qu'elle n’a pas été fabriquée aux États-Unis. Trump lui-même sentirait vite la colère de ses électeurs. Le Congrès le laisserait vite tomber.

Pendant des années, la Chine a investi ses excédents commerciaux dans des emprunts d’État américains, pour un montant atteignant entretemps plus de 1000 milliards de dollars. Ainsi, la Chine se trouve dans une position de force non négligeable par rapport aux États-Unis, qui vivent à crédit. Les Américains sont devenus dépendants des prêts chinois.

À Davos, le communiste Xi Jing Ping était le nouveau saint des capitalistes. Il a fait son entrée détendu et sûr de lui, en vainqueur. L’ « élite mondiale » autoproclamée s’en est vite accommodée; sa révérence devant le nouvel empereur n’aurait pas pu être plus servile. Because the Davos Man isn’t pro (free) market, he’s just pro (his own) business. Comme le disait déjà le président Mao : « Les dogmes ne valent pas une bouse de vache ». La longue marche du Grand Timonier a enfin atteint son but.

Après l'investiture de Trump, un journal suisse a écrit que le nouveau président américain était à présent « l’homme le plus puissant du monde ». Fake news !