24.11.2016 Articles Climat & Environnement initiative sortir du nucléaire, Energie nucléaire, énergie renouvelable

Non à l’initiative «Sortir du nucléaire»

Le 27 novembre, le peuple est appelé à voter sur l’initiative « Sortir du nucléaire ». Ce texte exige de limiter à 45 ans la durée d’exploitation de toutes les centrales nucléaires. Cela signifie que trois centrales nucléaires devraient déjà être démantelées en 2017. La dernière centrale nucléaire suisse serait mise à l’arrêt en 2029.

Je suis moi aussi favorable à une prochaine sortie de l’énergie nucléaire. Mais pourquoi ai-je décidé malgré tout de rejeter cette initiative ? Parce qu’elle comporte une lacune aussi grave que dangereuse : le temps !

En effet, l’initiative sur la sortie du nucléaire apporte tout sauf une sortie ordonnée. Nous n’avons aucune solution de rechange pour les centrales nucléaires qui doivent être mises à l’arrêt en 2017 déjà. Il n’est pas possible de mettre quoi que ce soit en place en l’espace d’un an. Le développement des énergies renouvelables exige du temps. La concession pour la centrale hydraulique Waldemme dans la région d’Entlebuch vient d’être délivrée. Onze années se sont écoulées entre les premiers tests de faisabilité et l’attribution de la concession.

En raison d’oppositions, il faut compter avec des retards prolongés lors de la construction de centrales éoliennes ou hydrauliques. Souvenez-vous du barrage du Grimsel: le tribunal administratif bernois a décidé que la protection des marais était plus importante qu’une relèvement du barrage. Il semble cynique que les initiants freinent en même temps ce projet, faisant ainsi perdre un temps précieux.

Le démantèlement d’une centrale nucléaire est un projet complexe

Lorsqu’une centrale nucléaire est mise à l’arrêt, le seul processus de démantèlement dure déjà quatre ans. La demande de démantèlement de la centrale nucléaire de Mühleberg a ainsi été déposée en décembre 2015. La procédure devrait donc arriver à son terme en 2019. Il est encore plus important que le démantèlement de la centrale nucléaire puisse débuter immédiatement. Il s’agit d’une affaire très complexe qui doit être réglée par les collaborateurs de Mühleberg. Ils connaissent la centrale, savent comment éliminer les matériaux contaminés et accomplir le travail. Mais tout cela doit être planifié longtemps à l’avance. Il est impossible d’accomplir ces travaux du jour au lendemain! Le temps manque!

Non à une dangereuse dépendance de l’étranger

En cas d’acceptation de l’initiative, nous serons confrontés à un déficit d’électricité de 15% dès l’année prochaine. Les opposants argumentent que nous produisons de toute façon trop de courant; cette objection peut être valable avec une vision sur une année. Il faut cependant compter avec une pénurie de courant en hiver, lorsque la quantité d’énergie produite par les centrales hydrauliques est moins importante. Une panne de courant d’un jour engendre des coûts de l’ordre de 6 milliards de francs. En outre, je ne souhaite pas importer depuis l’Europe de l’électricité « sale » et néfaste pour l’environnement. Il faut également éviter une dépendance supplémentaire inutile de l’étranger.

Nos centrales nucléaires sont considérées comme sûres

L’initiative est contradictoire. Ceux qui y sont favorables argumentent que les centrales nucléaires doivent être découplées du réseau pour des raisons de sécurité. Si nos centrales nucléaires n’étaient pas sûres, il faudrait exiger de les déconnecter toutes immédiatement du réseau et non pas graduellement comme les initiants le réclament.

Au sujet de la sécurité de manière générale: Chez nous, la sécurité est le seul critère qui compte. Toutes les centrales nucléaires font l’objet de contrôles réguliers très sévères par l’IFSN (Inspection fédérale de la sécurité nucléaire, comité d’experts de la Confédération). Les stress tests ou tests de résistances, réalisés dans toute l’Europe livrent systématiquement le même résultat : Nos centrales nucléaires comptent parmi les plus sûres d’Europe. 

La sortie du nucléaire doit se faire de manière ordonnée. La stratégie énergétique 2050 constitue la bonne solution. Elle nous laisse le temps nécessaire pour planifier la sortie du nucléaire, promouvoir les énergies renouvelables et disposer ainsi d’alternatives valables lorsque les centrales nucléaires seront mises à l’arrêt : donc ce 27 novembre, dites Non à l’initiative sur la sortie du nucléaire

Auteur

Andrea Gmür-Schönenberger
Lucerne (LU) lu

Person Functions Présidente du Groupe du Centre. PDC-PEV-PBD, Membre de la présidence du parti

Politisches Amt Conseillère aux Etats

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