22.11.2016 Articles Sécurité Système d'information Schengen, Fedpol, djihadisme, Terrorisme, Radicalisation, Surveillance

Compétence d'enregistrement de surveillances discrètes dans le système d'information Schengen. Le PDC ne veut pas limiter l’action préventive de Fedpol.

La motion du Conseiller national Marco Romano (PDC/TI) qui a d’ores et déjà reçu le soutien du Conseil fédéral et du national demande de constituer une disposition légale afin que l’Office fédéral de la police puisse suivre à la trace les potentiels djihadistes en Suisse et consigner leurs déplacements dans la base de données de Schengen (SIS). La commission de la sécurité du Conseil des Etats recommande aussi l’acceptation de la motion. C’est un signal fort.

Situation actuelle

La Suisse demeure concernée par le phénomène djihadiste. Des hommes et des femmes quittent aujourd'hui encore la Suisse pour rejoindre, via les pays de transit, certaines zones de conflit djihadiste telles que les territoires contrôlés par l'organisation terroriste "Etat islamique". Les personnes radicalisées sont une menace potentielle pour la sécurité en Suisse. La propagande de l'organisation terroriste "Etat islamique" n'encourage pas seulement à aller combattre dans une zone de conflit. Elle demande aussi à ses partisans d'exporter le terrorisme dans le monde occidental. La menace pour la Suisse ne commence pas seulement avec le retour des candidats au djihad. Dès le moment où ils séjournent dans une zone de conflit, ceux-ci constituent une menace potentielle. En effet, grâce aux médias électroniques, ils peuvent avoir une influence radicalisante sur des personnes vivant en Suisse. Ainsi, des membres d'organisations terroristes actives à l'étranger mobilisent sciemment des combattants européens afin qu'ils incitent leurs sympathisants à commettre des attentats dans leur pays de résidence. Cette situation inquiète beaucoup le PDC qui propose, à juste titre, des mesures concrètes de prévention pour augmenter le niveau de sécurité.

Task force TETRA

L’enregistrement des voyageurs à motivations terroristes à des fins de surveillance discrète dans la base de données de Schengen (SIS) est un instrument efficace pour détecter les infractions pénales. La Commission de la politique de sécurité du Conseil des Etats propose à l’unanimité à son plénum de soutenir la motion PDC en ce sens. Rien n’a été laissé au hasard, tout ce qui est demandé dans la motion fait partie intégrante du second rapport d’octobre 2015 de la task force TETRA (TErrorist TRavellers) qui rassemble l’Office fédéral de la police (fedpol), le Service de renseignement de la Confédération (SRC), le Ministère public de la Confédération (MPC), la Direction politique et la Direction du droit international public du DFAE, le Corps des gardes-frontière (Cgfr), le Secrétariat d'Etat aux migrations (SEM), l'Office fédéral de la justice, la police aéroportuaire de Zurich, ainsi que quelques commandants des polices cantonales et le délégué du Réseau national de sécurité (RNS).

La lutte contre le terrorisme ne peut se faire qu’en intense coordination à tous les niveaux

Il est totalement absurde de combattre cette motion. Sans une surveillance ciblée et coordonnée entre les pays européens il ne sera pas possible d’avoir un quelconque ascendant sur ces jeunes et moins jeunes qui quittent l’Europe pour s’unir aux milices djihadistes et ensuite rentrer dans leur pays de résidence. Un phénomène répandu, connu aussi en Suisse et potentiellement dangereux pour la sécurité nationale. En allant à l’encontre de cette motion, la gauche souligne clairement vouloir combattre, au travers d’arguments purement idéologiques, toutes les mesures utiles afin d’améliorer la prévention contre le terrorisme. L’idéologie, pour certains, est malheureusement plus forte que le besoin de sécurité pour le pays. Le PDC est au front, conscient que la sécurité absolue n’existe pas, mais que des mesures concrètes en matière de surveillance sont nécessaires pour renforcer la prévention et la répression.