17.11.2016 Articles Climat & Environnement Energie nucléaire, Initiative pour la sortie du nucléaire, Sortie du nucléaire

Importer davantage de courant, ce n’est pas rendre service à notre pays !

Le 27 novembre, nous serons appelés à voter sur l’initiative « Sortir du nucléaire ». Cette initiative veut interdire la construction de nouvelles centrales nucléaires et limiter la durée d’exploitation des centrales existantes. Il faudrait ainsi fermer les centrales de Beznau 1 et 2 et celle de Mühleberg en 2017, celle de Gösgen en 2024 et celle de Leibstadt en 2029. Trois des cinq centrales nucléaires devraient donc être débranchées dès l’année prochaine !

Le Conseil fédéral et le Parlement rejettent l’initiative parce qu’elle impliquerait un arrêt prématuré des centrales. La Stratégie énergétique 2050 propose une meilleure solution. En l’adoptant, le Conseil fédéral et le Parlement ont décidé de réduire la consommation d’énergie, d’augmenter l’efficacité et de promouvoir les énergies renouvelables. C’est aussi ce que demande l’initiative. En outre, la construction de toute nouvelle centrale nucléaire sera interdite. Les centrales existantes resteront cependant en service aussi longtemps qu’elles sont sûres. Cela garantira une sortie progressive du nucléaire et nous laissera le temps nécessaire de réformer l’approvisionnement énergétique. En revanche, l’initiative crée de gros problèmes : son acceptation entraînerait une hausse des importations et compromettrait la sécurité de l’approvisionnement. Enfin, elle conduirait à des demandes d’indemnisation.

  • Tout d’abord les importations : l’initiative méconnaît le fait qu’il faudra du temps pour remplacer la majeure partie de l’électricité nucléaire par de l’électricité produite en Suisse à partir d’énergies renouvelables. Il sera tout simplement impossible d’y parvenir d’ici l’année prochaine. C’est pourquoi les importations d’électricité augmenteraient considérablement. Cela accroîtrait la dépendance par rapport à l’étranger. Au lieu d’être investi en Suisse, l’argent le serait ailleurs. L’électricité importée provient en plus en majeure partie de centrales nucléaires et de centrales à charbon polluantes.
  • Ensuite, il y a la question de la sécurité de l’approvisionnement : l’augmentation massive des importations risquerait de surcharger le réseau électrique. Il faut être réaliste : il ne sera pas possible de renforcer suffisamment toutes les lignes électriques et les transformateurs d’ici l’an prochain.
  • Enfin, les demandes d’indemnisation : limiter la durée d’exploitation des centrales pour des motifs politiques reviendrait à changer les règles du jeu en cours de partie. C’est pourquoi il faut s’attendre à des demandes d’indemnisation de la part des exploitants des centrales. Ces indemnités devraient alors être prises en charge par la Confédération - et donc finalement par le contribuable.

Les trois centrales nucléaires qui devraient être arrêtées l’an prochain en cas de oui produisent à elles seules le courant nécessaire à 1,6 million de ménages suisses. Remplacer cette production du jour au lendemain par de l’électricité indigène et propre n’est tout simplement pas possible. Chacun se rend compte qu’il faut du temps pour augmenter les capacités de production d’énergie solaire, éolienne ou hydraulique. Et de nombreux projets sont bloqués par des oppositions, notamment issues des associations écologistes. La conséquence ? Une hausse massive des importations de courant. Et donc des places de travail et une valeur ajoutée qui profitent à nos voisins. De cette façon, on ne sert pas les intérêts de notre pays.

Cela montre que l’initiative n’est pas la bonne solution. La Stratégie énergétique 2050 est bien meilleure : les centrales nucléaires seront mises à l’arrêt au terme de leur durée d’exploitation ou si des impératifs économiques l’imposent. La sortie du nucléaire sera ainsi progressive et se déroulera de manière ordonnée.

La sortie progressive du nucléaire se justifie et elle est en cours depuis l’adoption de la stratégie énergétique 2050. Un arrêt prématuré des centrales et une augmentation massive des importations d’électricité ne rendraient pas service à notre pays. C’est pourquoi le Conseil fédéral et le Parlement recommandent de rejeter l’initiative « Sortir du nucléaire ».