01.11.2016 Articles Famille Toussaint, Religion, tradition, in puncto

in puncto… la Toussaint ou Halloween

J’habite dans un village où la Toussaint est un jour férié en souvenir des morts. Dans le même village et dans mon voisinage, beaucoup de familles venues du monde entier fêtent Halloween.

Dans un journal du dimanche, une écrivaine de Zoug a évoqué les légendes qui accompagnent la Toussaint : des morts qui ne trouvent pas le repos, des âmes en détresse dont il ne vaut mieux pas croiser le chemin et même des sorcières qui hantent les forêts. Elle regrettait que ces légendes, de même que le sens de la Toussaint, se soient perdus au fil du temps et qu’il faille importer de nouvelles coutumes. Il y aurait déjà tellement de possibilités avec sa propre culture.

C’est peut-être vrai, mais il s’agit sans doute d’une conséquence de la mondialisation. Les coutumes, les rites et les fêtes s’internationalisent et s’uniformisent. Les personnes qui partent à Londres ou à New York faire leur shopping de Noël perçoivent le monde comme un village. La manière dont nous fêtons Noël aujourd’hui dans de nombreuses régions du monde est finalement un succès  commercial allemand exporté au 19ème siècle. Le fait que, de nos jours, les médias consacrent plus d’articles aux fêtes d’Halloween qu’au caractère éphémère et au souvenir des morts le jour de la Toussaint nous aide peut-être à nous remémorer des origines de ce culte dans l’Irlande catholique : là-bas, on fête All Hallows’ Eve, la veille de la Toussaint. Avec les émigrants irlandais, la fête s’est exportée aux États-Unis pour revenir en Europe à la fin du 20ème siècle et devenir un « événement ». Tout compte fait, le sens et l’origine de la Toussaint et d’Halloween se ressemblent beaucoup. Les véritables racines de la fête ne sont même pas chrétiennes, mais celtes, une sorte de fête des moissons. C’est ainsi que les coutumes se perpétuent. A mon avis, il est important de les entretenir et d’en conserver la tradition et que tout continue à avoir un sens, que ce soit avec des citrouilles, des plats sucrés ou acidulés, ou par des minutes de recueillement au cimetière à la mémoire de nos disparus. Ces coutumes peuvent parfois rappeler à l’homme moderne que la vie à elle seule ne suffit pas. L’essentiel est qu’elles demeurent, quelle que soit l’étroitesse du monde.