20.10.2016 Articles Politique des institutions et droit Mosquéee, Islam, Religion, financement

Radicalisation dans les mosquées en Suisse

La presse a rapporté le témoignage d’un journaliste qui a fréquenté sous couverture des mosquées en Suisse. Il en ressort une radicalisation systématique ainsi que l’appel au djihad au sein de ces associations. Le portail en ligne du Bund s’est fait l’écho de cette enquête. J’ai déposé ce printemps l’interpellation « Faire la lumière sur le financement des mosquées et des associations musulmanes ». Le texte a été rejeté par la Confédération. Je réitère ma demande pour que la Confédération et les cantons assument leurs responsabilités.

Le quotidien alémanique « Der Bund » a rapporté il y a quelques jours sur son portail le travail d’enquête sous-couverture d’un journaliste et expert germano-pakistanais musulman du terrorisme. Son compte-rendu confirme la crainte de beaucoup de monde : dans la mosquée An’Nur de Winterthur on parle systématiquement de radicalisation et d’appel au djihad. Le journal rapporte la rencontre du journaliste avec un imam qui prêche les mérites du djihad. Et ce n’est pas tout. Plusieurs membres de haut rang ont confirmé au journaliste l’intervention de l’Etat l’islamique pour soutenir l’association An’Nur qui rencontre des difficultés financières. La contribution de la milice terroriste serait telle que « la mosquée de Winterthur ne pourrait pas exister sans IS ».

Transparence du financement

La transparence du financement était l’objet de mon interpellation « Faire la lumière sur le financement des mosquées et des associations musulmanes » déposée au printemps dernier. L’opacité qui entoure le financement des mosquées et des associations musulmanes est un thème récurrent. J’ai notamment demandé au Conseil fédéral s’il avait connaissance de contributions en provenance de l'étranger qui auraient été versées à des mosquées ou à des associations musulmanes et j’ai lancé un appel sur la manière d’insuffler une plus grande transparence dans le financement des mosquées et des associations musulmanes. Le Conseil fédéral a rejeté mon interpellation notamment au motif que la Confédération n’a pas la compétence dans ce domaine et qu’il incombe aux cantons de réglementer les rapports entre les communautés religieuses et l'Etat. En outre, les associations ne sont pas tenues à publier auprès des autorités leurs financements.

L’expérience récente prouve la nécessité d’un contrôle renforcé des imams et de leurs activités. Je demande que la permission de prêcher ainsi que l’autorisation de séjour puissent être retirée aux imams radicaux qui ne veulent pas s’intégrer. De plus, l’autorisation accordée à un imam doit être examinée plus sérieusement.  Il s’agit aussi d’examiner la mise sur pied d’une formation des imams dans les universités où sont dispensées les sciences islamiques. Plus généralement, il s’agit de renforcer l’islam progressiste et de mieux l’intégrer dans la discussion sur le rapport de l’Islam à l’Etat.

Pour un islam progressiste

Les prêcheurs de haine et la radicalisation d’individus sont non seulement une menace pour la sécurité de la Suisse, mais nuisent également aux musulmans qui se sont intégrés. L’imam de la mosquée Fatih, dans le canton de Zoug, est cité dans l’article. Il se plaint des préjudices sur l’Islam et sa perception portés par les mosquées radicales : « La religion est instrumentalisées pour atteindre des objectifs politiques et semer la terreur ». Je partage totalement ce point de vue.