12.10.2016 Articles Climat & Environnement Stratégie énergétique, Stratégie énergétique 2050

Oui à la Stratégie énergétique 2050

Ce qui a commencé il y a cinq ans par une motion de mon collègue du Conseil national Roberto Schmidt a désormais pu s'achever, au terme de trois années de consultations approfondies, par un projet équilibré qui servira les intérêts de la Suisse et des générations à venir : le Conseil national a dit Oui au premier ensemble de mesures de la Stratégie énergétique 2050 (1ère loi sur l'énergie).

Cet ensemble a été approuvé par une majorité du Conseil national lors d'un vote final: nous avons convenu qu'il n'y aura pas de nouvelles conditions-cadres pour les centrales nucléaires; nous avons décidé que les centrales actuelles peuvent continuer à produire de l'électricité tant qu'elles sont sûres; nous avons fait de l'utilisation des énergies renouvelables un de nos intérêts nationaux; nous avons temporairement limité la promotion des énergies renouvelables par le biais d'une majoration de l'accès au réseau de 2,3 centimes par kilowattheure maximum; nous avons exonéré les entreprises grandes consommatrices d'électricité de la RPC, et ce aussi à l'avenir; nous avons renforcé le programme d'assainissement des bâtiments tout en le limitant dans le temps; nous avons rendu l'entretien et la rénovation des bâtiments plus attractifs d'un point de vue fiscal ­­­­- et ainsi de suite. Au cours de ce processus de plusieurs années, nous avons accordé toutes les concessions et cherché, puis trouvé, des compromis acceptables par une majorité.

Indépendance du réseau étranger

Quiconque estimerait que dire Non au projet et, ainsi, maintenir le statu quo serait la bonne décision ne fait que détourner les yeux de la réalité. Quoi qu'il arrive, trois de nos cinq centrales nucléaires seront déconnectées du réseau dans les prochaines années - avec ou sans Stratégie énergétique. Cela correspond à environ 14 pour cent de la production d'électricité actuelle. En cas de Non, l'électricité non produite devrait être compensée par des importations de l'UE, notre dépendance par rapport à l'étranger s'accroîtrait considérablement et la sécurité d'approvisionnement serait amoindrie. Des investissements de l'ordre du milliard seraient effectués non pas en Suisse, mais dans l'UE, au détriment de notre économie nationale. Nos emplois seraient menacés au lieu d'être protégés. Refuser le projet, c'est dire Non à la poursuite de la promotion des énergies renouvelables, et ainsi au développement de la production nationale.

Refuser le projet, c'est ne pas vouloir accorder à l'énergie hydraulique l'aide dont elle a grandement besoin. Nous ne pouvons pas remédier au contexte actuel de prix bas. Toutefois, nous pouvons réagir à ce défi. Le soutien temporaire à l'énergie hydraulique nationale à hauteur de 0,2 centime par kilowattheure a vocation à nous y aider. Dire Non au projet, c'est aussi dire Non à davantage d'efficacité énergétique et, ainsi, à une diminution de la consommation d'énergie. Les débouchés de nos entreprises ne seraient pas plus nombreux, au contraire.

Un Non au projet nuirait aussi à l'industrie

Dire Non au projet, c'est dire Non à moins d'énergies fossiles dans le secteur du bâtiment et de la mobilité. En cas de Non, le Programme Bâtiments actuellement mis en œuvre par la Confédération et les cantons prendra fin en 2019 sans solution de remplacement. Dire Non au projet, c'est donc dire Non à une augmentation du taux de rénovation des bâtiments anciens et, ainsi, nuire directement à notre industrie. Dire Non au projet, c'est ne pas regarder la réalité en face et ne résoudre aucun problème.

Eu égard à la sécurité de notre approvisionnement, eu égard à notre économie nationale et eu égard à notre environnement, il était nécessaire de dire Oui à ce projet. C'est que notre groupe du PDC a fait avec conviction et nous nous réjouissons que le Conseil national ait accepté le projet de 1ère loi sur l'énergie.