16.09.2016 Articles Politique extérieure médias, Colombie, guerre

in puncto… Colombie

Les médias suisses comme leurs homologues étrangers rapportent davantage les nouvelles négatives, comme les conflits dans le monde, que les progrès et les événements positifs. Un exemple récent de cette pratique journalistique – si mon analyse des médias est complète – est l’annonce, à l’issue de près de quatre ans de négociations, de la signature d’un accord de paix le 26 septembre prochain entre le gouvernement du président colombien Juan Manuel Santos et les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC).

Cette information n’a occupé qu’une place marginale dans la plupart des médias suisses. Malheureusement. Car y en regardant de plus près, force est de constater que ce qui se passe en ce moment en Colombie pourrait bel et bien rentrer dans l’Histoire. Les Colombiens seront appelés à se prononcer le 2 octobre lors d’un référendum sur l’accord de paix. Cet accord mettrait fin à un conflit de plus de 50 ans qui a fait plus de 260’000 morts, 45'000 disparus et environs 6,9 millions de déplacés. Le prix payé par le gouvernement est élevé. Les rebelles qui ont un grand nombre de morts sur la conscience s’en sortent plus ou moins bien. C’est une souffrance insupportable pour beaucoup de Colombiens qui ont perdu un membre de leur famille durant ce conflit. C’est également un désaveu pour les politiciens qui se sont battus corps et âme contre la brutalité des rebelles FARC et le maintien de l’Etat de droit.

Le prix payé pose problème. Mais en fin de compte, il est probablement préférable pour la Colombie de l’accepter. Car qui veut la paix doit parfois faire des concessions qui, prises de manière isolée, jouent avec les limites de l’éthique. La Colombie est l’illustration du dilemme entre l’éthique de responsabilité et l'éthique de conviction. Soit on accepte de réponde à la responsabilité de ses actes, soit on agit de manière doctrinale. Il ne nous appartient pas de donner des conseils à la Colombie. La décision appartient à son peuple. Mais la Colombie illustre de manière très explicite la taille des obstacles à surmonter pour mettre fin à un conflit ou une guerre. Il faut beaucoup de courage et de sacrifices. Nous souhaitons le même courage et cette même force à la Syrie et à beaucoup d’autres pays dans lesquels les belligérants sont encore à mille lieues de penser à la paix. Il semblerait pourtant que ce soit le seul chemin permettant une paix durable.