15.06.2016 Articles Politique des institutions et droit inpuncto, Europe, politique européenne, valeurs

in puncto – Brexit

La prochaine votation du Royaume-Uni marque un tournant dans l’histoire de l’UE, indépendamment du résultat.

Si les Britanniques devaient opter pour la sortie, il est évident qu’un nouvel ordre européen serait nécessaire. A contrario, s’ils décident de rester, il serait impossible que l’UE continue sur sa lancée comme si de rien n’était. Le fondement démocrate-chrétien de l’unité européenne demeure : favoriser la liberté de commerce afin de réduire le risque de conflit en Europe. Celui qui commerce avec son voisin aurait en effet bien plus à perdre s’il devait prendre les armes. Le concept démocrate-chrétien d’économie sociale de marché a prévalu. L’effondrement de l’Est communiste fut une chance pour l’Europe, mais cette chance a malheureusement été largement sous-exploitée. L’UE s’est éloignée de plus en plus de l’idée originale. Les partis populistes ont eu le champ libre parce que les partis classiques n’ont pas su écouter les préoccupations des citoyens. Plutôt que d’être fédéralistes, ils étaient – et sont encore – focalisés sur Bruxelles. Les pays libérés de l’Europe de l’est quant à eux sont déçus que l’UE ne défende pas mieux les valeurs européennes, en particulier face à la Russie qui les effraie. Plus récemment, l’UE s’est inclinée face à la Turquie. Avec l’aide de ses partenaires d’Amérique du nord, le Royaume-Uni a sauvé l’Europe de la menace du totalitarisme lors de la seconde guerre mondiale. Mais la vision européenne de Churchill est très différente de l’UE contemporaine. Si l’UE devenait plus fédéraliste et plus libérale, il pourrait y avoir une chance que le vieux continent, fort de son histoire, de sa culture et de ses valeurs, dispose d’un potentiel plus grand que n’importe quel continent. Une chance pour que la prospérité, la paix et la liberté continuent d’être assurés. Il y a des raisons qui expliquent qu’il y ait encore tant de personnes qui veulent encore de l’Europe. Encore aujourd’hui, l’Europe, sa culture et sa liberté sont attractives. Une UE qui accepte de se recentrer sur l’idée fédéraliste européenne aurait un avenir et représenterait, également pour le Royaume-Uni, un projet crédible qui mérite un engagement fort.