25.05.2016 Articles Santé

OUI à la révision de la loi fédérale sur la procréation médicalement assistée

Le peuple (61,9 %) et les cantons (18,5) ont accepté le 14 juin 2015 la modification de l’article constitutionnel relatif à la procréation médicalement assistée (PMA). Suite à un référendum, le peuple est appelé à voter le 5 juin sur la loi d’application (LPMA) adoptée par le Parlement le 12 décembre 2014, parallèlement à l’article constitutionnel.

Il faut relever que cette révision de la LPMA est restrictive et n’autorise la PMA que dans deux situations : d’une part lorsqu’elle permet de remédier à la stérilité d’un couple et que les autres traitements ont échoué ou sont vains ; d’autre part lorsque le risque de transmission d’une maladie grave aux descendants ne peut être écarté d’une autre manière.

Les couples stériles concernés ont une longue et douloureuse histoire de traitement de la stérilité, avec des fausses couches à répétition ou des cycles de fécondation in vitro (FIV) infructueux. Le DPI permet d’analyser génétiquement les embryons pour dépister des anomalies chromosomiques, dont on sait qu’elles peuvent entraîner des fausses couches. C’est un examen semblable au dépistage des trisomies réalisé lors d’un diagnostic prénatal (DPN), pratiqué vers la 11e semaine de grossesse, et qui aboutit dans 9 cas sur 10 à une interruption de grossesse lors d’un résultat défavorable. En cas de stérilité, le DPI s’adressera principalement aux femmes âgées de plus de 35 ans, dont les chances de grossesse sont plus faibles et le risque de fausses couches plus élevé. Les spécialistes estiment qu’il faut s’attendre à plusieurs centaines d’examens par an au maximum, et non pas à 6000, comme les opposants l’affirment en se basant sur le nombre de FIV effectuées annuellement dans notre pays.

Comme pour le DPN, proposé à tous les couples depuis des décennies, il appartiendra dans tous les cas aux futurs parents de décider en toute connaissance de cause, après avoir été dûment informés, s’ils souhaitent effectuer un DPI. Et ce sans aucune pression des assurances sociales.

D’autre part, les procédés médicaux autorisés permettront désormais d’implanter un seul embryon dans l’utérus de la mère, ce qui réduira les grossesses multiples et les risques qu’elles représentent pour la santé des mères et des enfants.

Le DPI n’implique aucune manipulation génétique. On n’est pas dans la quête d’un bébé parfait, mais d’un bébé ne souffrant pas de la maladie génétique grave recherchée ou des anomalies chromosomiques dépistées.

Par solidarité pour les couples en souffrance, pour les faire bénéficier en Suisse de pratiques médicales conformes aux standards européens et leur donner de meilleures chances de concrétiser leur désir d’enfant, votons OUI le 5 juin !
 

Auteur

Anne Seydoux-Christe
Jura (JU) ju

Person Functions Ancienne Conseillère aux États, Membre de la présidence du parti