17.12.2015 Articles Le PDC Chancelier de la Confédération

Défis d’un chancelier de la Confédération

Le 9 décembre 2015, l’Assemblée fédérale m’a élu chancelier de la Confédération et successeur de Corina Casanova. C’est avec joie et respect que je prendrai mes fonctions le 1er janvier 2016. Le poste ne manque pas de défis à relever.

La Chancellerie fédérale est la plus vieille institution de l’Etat fédéral, plus vieille que l’Etat fédéral lui-même. Il semblerait que Napoléon l’ait créée en 1803 et lui ai donné pour fonction d’être un état-major, ce qu’elle demeure jusqu’à ce jour. Elle gère et pilote le traitement des dossiers du Conseil fédéral et tout ce qui s’y rapporte : la préparation des séances du Conseil fédéral avec les départements et avec le président de la Confédération. Le procès-verbal des séances, la rédaction des décisions – et contrôler la mise en œuvre de ces dernières –, la traduction et la publication des documents administratifs, etc. En outre, le chancelier de la Confédération représente le Conseil fédéral lors des séances de bureau du Parlement, il dirige la conférence des secrétaires – l’organe suprême de pilotage de l’administration fédérale –, il défend ses propres dossiers au Conseil fédéral et au Parlement et il représente le gouvernement national lors de manifestations publiques. 

Il s’agit d’une tâche essentielle, dont on ne parle généralement pas beaucoup parce qu’un état-major passe inaperçu lorsqu’il fonctionne bien. On le remarque en revanche très vite lorsqu’il ne fait pas correctement son travail.

Séances du Conseil fédéral et plurilinguisme

Je ne souhaite pas fixer mes priorités avant même de prendre mes fonctions. Je voudrais commencer par rencontrer les collaborateurs et me familiariser avec le modus operandi. Mais l’une de mes priorités sera certainement l’encadrement des séances du Conseil fédéral et la poursuite d’une préoccupation qui était chère à ma prédécesseur : la promotion du plurilinguisme. L’importance de ce dernier est à mon avis sous-estimée. Même en la Berne fédérale, les connaissances linguistiques se limitent de plus en plus souvent à des phrases d’introduction du type « Je salue aussi nos collègues de la Romandie » ou, encore mieux (!), à des répliques telles que « Oui, je aussi » (sic). Il en va d’ailleurs de même pour les compétences en allemand ou en italien, et je ne parle même pas du romanche. Tant que tout le monde se porte bien, cela semble passer inaperçu. Mais lorsque des remous viennent troubler le fleuve tranquille et qu’il faut délibérer davantage, la compréhension réciproque devient essentielle.

Un grand merci à Corina Casanova

C’est entre autres dans ce domaine que Corina Casanova a accompli un travail précieux. Le travail circonspect qu’elle a sans cesse effectué dans l’intérêt du pays mérite un grand respect et beaucoup de gratitude. Tous mes vœux l’accompagnent !