29.10.2015 Articles Politique extérieure EVP, Flüchtlinge, Europa

Le PDC au congrès du PPE à Madrid : pour une réponse européenne à la crise migratoire

15 chefs d’Etat et de gouvernement, presque tous les leaders des institutions européennes, 750 délégués avec droit de vote et 3000 participants représentant un total de 75 partis membres dans 40 pays : le congrès du Parti populaire européen (PPE) à Madrid la semaine dernière a été une « grand-messe » telle qu’on peine à se l’imaginer chez nous.

En tant que membre associé du PPE (d’un pays non-membres de l’UE), le PDC suisse, que j’avais l’honneur de représenter, se doit de profiter d’une occasion aussi unique pour resserrer ses liens avec les partis frères qui ont pignon sur rue dans bien des institutions et des pays importants pour la Suisse. Trop souvent nous l’oublions, puis nous nous surprenons à ne point avoir d’amis lorsque les choses vont mal...

Au-delà de la réaffirmation habituelle de la force du PPE – fier à juste titre d’être le premier parti au Parlement européen, au Conseil de l’Europe, à la Commission européenne et en nombre de chefs d’Etat et de gouvernement – le Congrès devait surtout se pencher sur le thème principal du moment : la crise migratoire et le flux de réfugiés qui se déverse sur l’Europe. Problème qui a par ailleurs relégué en deuxième position les deux crises internationales aux portes de l’Europe (en Ukraine et en Syrie) et en troisième position le débat toujours sous-jacent sur l’évolution pourtant nécessaire des institutions européennes.

Entendre les présidents Tusk et Junker, ainsi qu’une vingtaine de premiers ministres, commissaires européens et leaders de partis, aborder l’un après l’autre le thème des migrants permet de mesurer toute l’ampleur de la crise et aussi la difficulté de trouver un consensus, entre la rigueur invoquée par un Viktor Orban et la solidarité prônée par Angela Merkel. Mais la conclusion tirée par tout le monde était bien qu’il fallait… une solution européenne commune !

Le plus concret et convaincant dans ses dires a probablement été le Commissaire européen en charge de la Migration, Dimitri Avramopoulos. Au-delà des réactions nationales diverses et compréhensibles, il a présenté une stratégie convaincante pour sortir de l’impasse, assister les pays d’origine et les pays d’accueil intermédiaire, reprendre le contrôle des frontières européennes et appliquer Dublin, répartir équitablement les réfugiés et préparer – lorsque qu’il est possible – leur retour. L’Union européenne et surtout ses pays membres ont certainement attendu trop longtemps pour prendre le problème en main, mais la seule solution possible reste une réponse commune à cet énorme défi.

Le PPE – qui a par ailleurs réélu à sa présidence l’alsacien Joseph Daul, hôte du Congrès PDC à Le Châble en août dernier – est prêt à relever le défi de ce dossier crucial ; il ne reste plus que les gouvernements et les parlements le suivent !