08.09.2015 Articles Politique extérieure Migration, Flüchtlinge, Asylpolitik

Regardez le drapeau de la Croix-Rouge !

Les images que nous voyons actuellement sur la situation catastrophique des réfugiés nous interpellent profondément. Nous sommes consternés. Tout particulièrement lorsque nous voyons des familles et des enfants en détresse. La question cruciale qui se pose aujourd’hui est la suivante : comment pouvons-nous aider au mieux ces personnes ?

Regardez le drapeau de la Croix-Rouge : il est l’image inversée du drapeau suisse. En l’honneur des pères fondateurs, c’est le drapeau suisse inversé qui fut choisi comme symbole de l’organisation caritative : en 1863, Henry Dunant et le général Henri Dufour fondèrent la Croix-Rouge.

En l’honneur de Dunant et de la Suisse, le général Dufour proposa un drapeau suisse inversé comme symbole de l’organisation : une croix rouge sur fond blanc. Ainsi fut souligné l’esprit de neutralité dans l’aide humanitaire : une aide humanitaire sans parti pris, l’humanisme et le respect de l’humain au centre. De cette histoire à elle seule découle que la croix rouge et la croix blanche signifient en somme la même chose : la protection de ceux qui sont réellement persécutés, conformément à la tradition humanitaire de notre pays.

Nous la Suisse, nous avons signé la Convention de Genève ; nous devons protection et soutien aux réfugiés, tout particulièrement à ceux issus des régions en guerre, telles que la Syrie, aux enfants syriens, voire aux chrétiens, persécutés en raison de leur foi.

La solidarité vécue : aucun pays ne peut y arriver seul

Qu’est-ce que cela signifie dans la pratique ? Il s’agit de la tradition fondamentale de l’Europe ; non seulement l’Europe de l’UE, mais également de l’héritage de l’Europe, issu des Lumières et de la tradition humaniste : la solidarité vécue. Pourquoi ? Parce qu’aucun pays d’Europe ne peut gérer seul autant de réfugiés. Aucun pays en Europe ne peut accueillir à lui seul toutes ces personnes. Même s’ils sont, conformément à la Convention de Genève, et en particulier dans le cas de la Syrie, victimes d’une terrible guerre.

Angela Merkel en appelle à la Suisse

La semaine dernière, lors de sa visite à Berne, la chancelière fédérale allemande Angela Merkel nous a rappelé notre responsabilité ainsi que la Convention de Genève. A juste titre. Elle en a appelé à notre responsabilité de démocrates-chrétiens. Le PDC étant un membre associé du Parti populaire européen, nous avons accès à tous les partis démocrates-chrétiens d’Europe, un accès que nous utiliserons afin de soutenir une solution européenne à la problématique des réfugiés. Seul, un pays ne peut pas résoudre le problème. La démocratie chrétienne doit s’unir face à cette responsabilité.

Protéger les personnes qui ont besoin de protection

Pour l’heure, voici ce qui est sans ambiguïté pour notre pays : nous avons des lois et ces lois règlent la cohabitation dans notre pays. Ces lois font de nous un pays qui pourra toujours offrir et qui offrira toujours un havre de protection aux réfugiés. Cela vaut pour les personnes dont les motifs de fuite sont justifiés par la Convention de Genève. Notre responsabilité est également sans équivoque à l’égard des migrants dont les motifs de fuite ne sont pas reconnus : des procédures rapides afin que les migrants dont les motifs ne sont pas suffisants puissent être reconduits.

Le plus important est actuellement d’apporter avant tout une aide sur place, d’établir une bonne collaboration avec les pays voisins et d’accélérer les procédures – car il s’agit d’êtres humains. C’est cela qu’exige la Convention de Genève, dont nous sommes signataires.