26.08.2015 Articles Migration Asyl

Les réfugiés ne craignent pas les gardes-frontière

L’Allemagne sonne la cloche de la tourmente. En effet, ce sont 800 000 réfugiés qu’elle attend cette année. En 2014, ils n’étaient encore que 200 000. En 2014, la Suisse en a accueillis 24 000. Si l’on en croit le gouvernement allemand, il nous faut nous préparer à un afflux de réfugiés qui dépasse de loin celui d’ex-Yougoslavie dans les années 90. A l’époque, c’était un maximum d’environ 40 000 réfugiés par an, alors qu’aujourd’hui il s’agit de plus de 80 000 personnes, et ce pour plusieurs années.

Tandis que la Suisse négocie l’immigration nette en provenance de l’UE, nous appréhendons un afflux de réfugiés qui dépassent de loin tous les chiffres évoqués dans ce domaine. L’accord sur la libre circulation des personnes en vigueur actuellement ouvre nos portes à des immigrés faciles à intégrer et bien formés en provenance de l’UE ; des gens qui génèrent un revenu, payent des impôts et consomment dans notre pays. Ces immigrés sont depuis des années la première cible de l’UDC. Mais cette dernière se voile la face sur le fait qu’une bombe est sur le point d’exploser juste derrière la frontière. Elle continue à croire que sa politique isolationniste nous fera avancer.

Les réfugiés ne craignent ni les gardes-frontière, ni les barbelés ou les murs. Ces obstacles ne sont rien en regard de ce qui les pousse à fuir. Nous dépensons des milliards pour permettre à ces réfugiés d’intégrer notre marché du travail. Il nous faudra leur construire des logements. Ces personnes n’auront pas les moyens de payer leur loyer, leur nourriture ou leurs vêtements, des frais qui devront être couverts par l’Etat. Nous aurons d’innombrables procédures judiciaires, il faudra augmenter les effectifs des offices des migrations et les entreprises spécialisées dans l’assistance des personnes auront un carnet de commandes bien étoffé. Sans compter que nos institutions de formation seront inondées de cas particuliers.

En même temps, il faudra plusieurs générations pour que les réfugiés parviennent à s’intégrer. Cela suscitera des sociétés parallèles et un conflit social sera inévitable.

C’est pourquoi il n’y a qu’une solution. Ces personnes doivent être renvoyées dans leur région d’origine. Les réfugiés venus d’Erythrée devront retourner en Erythrée, en Ethiopie, au Soudan ou en Somaliland. Il nous faut conclure des accords avec ces pays afin de leur permettre de construire des logements et de mettre en place des systèmes de santé et de formation. Il nous faut négocier des contrats avec des entreprises afin qu’elles créent des emplois.

Les réfugiés arriveront et ils auront besoin d’aide. Nous devrons débourser énormément pour les aider ; la question qui se pose est en réalité de savoir si l’on dépense l’argent ici ou dans la région d’où ils viennent. Je mise sur une aide sur place. Ainsi, ces personnes peuvent demeurer dans un milieu culturel qui leur est familier. Quant à nous, nous nous épargnons pas mal de problèmes. Pour cela, il nous faut une aide au développement efficace et harmonisée à l’échelle mondiale. Son coût est élevé. Mais si cela coûte autant que d’accueillir des réfugiés, alors nous faisons une affaire. Car nous évitons ainsi des conflits sociaux, des troubles intérieurs et nous offrons à nos enfants un avenir.