05.08.2015 Articles Famille Sicherheit, Gewalt, Prävention, KESB

Davantage de sécurité domestique

Ces derniers temps, les journaux n’ont cessé de nous rapporter des drames familiaux. Ces drames nous interpellent profondément. N’est-ce pas précisément au sein de la famille, au sein de son foyer, que l’on devrait se sentir le plus en sécurité ? Et pourtant : la violence dans le cadre familial peut gravement menacer de sécurité domestique.

Le sujet est très émotionnel et hautement sensible. Trop souvent, il est passé sous silence. Il faut qu’il arrive quelque chose de grave pour que l’on intervienne. De nos jours, c’est généralement le coupable qui est au centre des préoccupations. Il faut changer de mentalité : je m’investis pour qu’à l’avenir l’attention principale soit accordée aux victimes. Je veux que nous agissions dans le sens des plus faibles et des personnes en détresse. Les enfants, les personnes âgées et les personnes requérant des soins me tiennent particulièrement à cœur. 

Le cadre légal ainsi que les institutions sociales aident les familles qui sont sous pression pour différentes raisons. Mais parfois cela ne suffit pas. Au sein des familles, la pression peut engendrer des difficultés et un surmenage importants. C’est ainsi que naît la violence. Le mari bat sa femme, la femme bat son mari, les parents battent leurs enfants, voire les enfants leurs parents âgés. Mais il n’y a pas que la violence physique ; la violence émotionnelle entraîne elle aussi de graves séquelles. 

L’entourage proche porte lui aussi une responsabilité

La famille est un environnement peu accessible à des tiers. Il est difficile d’intervenir en vue de prévenir ou de protéger. Rarement un problème n’est détecté avant qu’il ne soit trop tard. Les conséquences sont fatales. C’est pour cela que les autorités, tout comme les organisations privées, doivent rester prêtes à apporter leur soutien, même s’il est difficile d’appliquer les dispositions légales existantes. L’entourage proche (la parenté, les connaissances, les voisins) porte lui aussi une responsabilité. Il ne s’agit pas de faire de la délation. Il s’agit d’assumer notre responsabilité collective. Si l’on constate une difficulté, il convient de demander : est-ce que je peux aider ? Si ce n’est pas possible, il faut alors que des professionnels apportent leur soutien, mais également un encadrement pour les familles. 

Beaucoup d’encre a coulé sur l’APEA. Et encore plus de critiques ont été formulées. Le but de cette nouvelle administration était de professionnaliser la protection de l’enfant et de l’adulte. Tout ne fonctionne pas comme il le faudrait : souvent les coûts sont trop élevés, les procédures ne fonctionnent pas correctement et il y a lieu d’améliorer la collaboration avec les autres services. D’urgence. 

Un service de permanence en dehors des heures de bureau

Revenir à l’ancien système des administrations de milice serait une erreur. L’ancien système a lui aussi connu des dysfonctionnements et causé des destins individuels terribles. Le risque zéro n’existe malheureusement pas. L’important est de soumettre le processus d’établissement de l’APEA à un questionnement critique, de l’encadrer et d’évaluer régulièrement son travail. Si nécessaire, la politique et les autorités doivent en tirer les conséquences. La première mesure que je souhaite mettre en place dans tout le pays, c’est un service de permanence en dehors des heures de bureau. 

Une meilleure information des victimes

Il convient également d’opérer des changements dans la manière de traiter la violence domestique. Depuis 2014, les délits tels que les lésions corporelles simples, commis dans le cadre du mariage ou d’un partenariat, sont poursuivis d’office. En même temps a été introduit la possibilité pour la victime de suspendre la procédure pendant six mois. Si la victime ne révoque pas la suspension de la procédure durant cette période, le dossier est clos. On constate toutefois que les procédures concernant les cas de violence dans un couple sont pour la plupart closes après avoir été suspendues. D’une part, parce qu’une partie des victimes espèrent que l’intervention de la police suffise à mettre un terme à la violence et parce qu’elles ne souhaitent pas une poursuite de la procédure, c’est-à-dire une condamnation. D’autre part, une partie des victimes n’ont pas conscience qu’elles peuvent révoquer la suspension de la procédure. Les victimes doivent être mieux informées de leurs droits et de leurs options. Après un incident, nous devrons encadrer étroitement les victimes de violence domestique. Une nouvelle audition avant de clore le dossier aidera en outre les autorités de poursuite pénale à trouver la meilleure solution pour les victimes. 

Se sentir en sécurité devrait aller de soi

Souvent, la violence domestique ne s’arrête pas à une seule occurrence. Je m’engage pour qu’une suspension de la procédure dans une même affaire ne soit possible que s’il s’agit de la première infraction. Un coupable qui ne profite pas de cette chance ne mérite pas d’être traité avec indulgence. 

Se sentir en sécurité dans le cadre familial devrait aller de soi et être un droit pour tous.