07.05.2015 Articles Politique extérieure Delegation, Liban, Réfugiés

Le Liban : la Suisse du Proche-Orient où un habitant sur quatre est un réfugié

La semaine dernière, des représentants du PDC et du PEV ont fait le voyage vers le Liban dans le but de voir de leurs yeux la situation des réfugiés syriens. Il n’a fallu que peu de temps à cette délégation pour se faire une image concrète des innombrables défis auxquels fait face le Proche-Orient. Pour ce voyage, elle a reçu le soutien et l’encadrement de l’ambassade de Suisse et du bureau de la DDC à Beyrouth.

« 4 millions et demi de Libanais. 450 000 Palestiniens dépourvus de droits, logés dans des camps. 1,2 millions de réfugiés syriens, 18 religions. Depuis des mois, ils n’ont pas de président. Un gigantesque challenge pour ce petit pays. » C’est ainsi que la conseillère nationale Elisabeth Schneider-Schneiter a très justement formulé ses impressions après son deuxième jour au Liban. En effet, les conseillères nationales Elisabeth Schneider-Schneiter (PDC, BL), Maja Ingold (PEV, ZH) et Marianne Streiff (PEV, BE) se sont montrées surprises et bouleversées par les multiples défis auxquels fait face le Liban, un pays dont la surface ne dépasse pas le quart de celui de la Suisse. 

Dépourvus de patrie depuis des générations

D’une part, les réfugiés palestiniens vivent depuis plus de 60 ans dans des cités pseudo-autonomes aux environs de Beyrouth, la capitale du Liban. Ils n’ont aucun droit civique, leur quotidien est presque exclusivement restreint aux banlieues similaires à des bidonvilles et ils n’ont aucune perspective d’avenir. Lors d’une visite de Chatila, un camp de réfugiés d’environ 22 000 habitants  et un dialogue approfondi avec les résidents ainsi que l’UNRWA , les trois parlementaires ont découvert comment s’organise péniblement une ville dans la ville. Il y a tout juste de l’électricité, mais pas d’eau courante. Le projet « eau potable » de la DDC et le secours apporté par d’autres organisations telles que l’EPER devrait faciliter le quotidien. L’effet d’éviction causé par la guerre civile en Syrie rend les choses encore plus difficiles. Les palestiniens chassés de Syrie se bousculent pour occuper les cités déjà surpeuplées, ce qui entraîne entre autres une hausse des loyers. Tant que le conflit au Proche-Orient ne sera pas résolu, il est improbable que la situation des palestiniens qui occupent la région ne s’améliore.

Le HCR a besoin de moyens de toute urgence

D’un autre côté, plus d’un million de Syriens et d’Irakiens ont cherché refuge au Liban depuis le début de la guerre civile syrienne en 2011, et ce principalement dans la plaine de la Bekaa, une région fortement agricole. Contrairement aux camps palestiniens, qui s’apparentent plutôt à des villes, les camps informels de réfugiés – dont le nombre dépasse aujourd’hui le millier – sont constitués de tentes provisoires fournies par le HCR . En traversant la plaine de la Bekaa, notre délégation a régulièrement observé ces tentes, plantées tantôt dans un champ, tantôt dans une arrière-cour. Sur place, la responsable du HCR a notamment expliqué à nos parlementaires que les réfugiés devaient même payer un loyer pour la place qu’occupe leur tente. Un autre défi pour les réfugiés constituent les prix élevés qui règnent au Liban ainsi que les soins médicaux qui, contrairement à la Syrie, ne sont pas gratuits. En visitant un camp plus vaste (env. 35 tentes) et mieux équipé, notre délégation a pu constater que le HCR soulage la misère et améliore la situation incertaine des personnes déplacées. Mais l’organisation est bientôt à court de moyens et de moins en moins de familles bénéficient de l’assistance directe dont elles ont urgemment besoin. 

Que peut faire la Suisse ?

En dialoguant avec les partenaires de la Suisse pour la collaboration  dans le domaine humanitaire, la conseillère nationale PDC Elizabeth Schneider-Schneiter a demandé ce que pouvaient faire les milieux politiques helvétiques pour aider à soulager la situation désespérée du Liban et de cette région du monde. La réponse unanime ne s’est pas fait attendre : « End the war » – arrêter la guerre en Syrie.