25.02.2009 Communiqués Économie durable

Le Conseil fédéral n'a pas mesuré la gravité de la situation

C'est avec un grand étonnement que le PDC suisse a pris acte que le Conseil fédéral entend former une délégation de trois membres afin de traiter le dossier UBS-USA. Le PDC a demandé de mettre en place une « taskforce » et va réitérer sa demande en déposant une intervention urgente lors de la session de mars. Dans cette situation délicate, le leadership politique s'avère indispensable. Aujourd'hui, le Conseil fédéral n'a pas saisi l'occasion de prendre une première décision dans ce sens et il conduit ce dossier à un rythme d'escargot.

L'été dernier, les demandes de procédures d'assistance administrative et d'entraide judiciaire émanant des Etats-Unis ont été déposées en Suisse. Depuis une semaine, nous savons que nos autorités ne sont malheureusement pas en mesure de régler rapidement et efficacement des procédures importantes. Par la décision prise aujourd'hui, le Conseil fédéral montre que le rythme d'escargot des tribunaux a aussi fait irruption au Gouvernement. Qu'est-ce que le Président de la Confédération et Ministre des finances Merz attend donc ?  

Le PDC demande d'agir à trois niveaux :

Premièrement, les procédures contre l'UBS aux Etats-Unis doivent constituer une priorité urgente. « La délégation mise en place par le Conseil fédéral n'est rien de nouveau. Durant la session, nous maintiendrons la pression politique et demanderons au Conseil fédéral d'accorder la priorité nécessaire aux procédures d'assistance administrative et d'entraide judiciaire avec les USA qui sont actuellement en cours. Pour ce faire, nous devons créer une « taskforce » de spécialistes digne de ce nom » relève le Président du PDC suisse, Christophe Darbellay.  

Deuxièmement, le PDC demande au Conseil fédéral d'élaborer une stratégie à moyen terme pour la place financière suisse et pour la protection du secret bancaire. « Notre pays doit expliquer clairement au monde que les fraudeurs ne bénéficient d'aucune protection en Suisse, à l'avenir aussi. Pour nous, il est également clair que la protection de la sphère privée doit être maintenue en ce qui concerne les questions d'argent » commente le Conseiller national Pirmin Bischof. La qualité de notre place financière repose sur différents facteurs tels que la qualité des prestations et des services, le savoir-faire, la fiabilité et la confiance dans les instituts financiers, la stabilité politique de la Suisse ainsi que le secret bancaire. « Les questions opérationnelles ayant trait à la fiscalité et les règles de la place financière suisse doivent être examinés par un groupe d'experts pour défendre le secret bancaire » ajoute Christophe Darbellay.  

Troisièmement, la Suisse doit redorer son image à l'étranger. Pour ce faire, il est nécessaire que le Gouvernement lance une offensive et joue un rôle actif. « Les avantages, le droit fiscal et les règles de la place financière suisse doivent être expliqués à nos partenaires dans l'UE et hors de l'UE » précise Alexandra Perina-Werz, Secrétaire générale ad interim. « Nos conseillers fédéraux doivent participer à un « talkshow » sur CNN pour expliquer au monde comment la Suisse fonctionne » ajoute Christophe Darbellay. La diplomatie au sens classique du terme est nécessaire pour limiter les dégâts. La petite Suisse ne peut plus se permettre d'être discréditée au niveau international. Le Conseil fédéral n'a pas mesuré la gravité de la situation.

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PDC suisse

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