20.02.2009 Articles Économie durable

Quel programme conjoncturel face à la crise économique ?

Suite à la crise économique qui a fondu littéralement sur le monde et, par ricochet essentiellement, sur la Suisse dont l'économie est saine structurellement, mais dépend des exportations, le Conseil fédéral a pris des premières mesures en novembre dernier. Face à l'ampleur de la récession, le Gouvernement vient de décider un 2e paquet de mesures.

Notre parti s'est immédiatement attelé à la tâche pour examiner les propositions faites par l'Exécutif fédéral. L'attitude à avoir n'est pas évidente à la première analyse, tant la crise économique actuelle est à la fois

  • soudaine
  • virulente
  • générale, globale,

et donc nouvelle dans sa configuration.

Fallait-il dire non à toute mesure comme les néo-libéraux le pensent encore, ou fallait-il céder à la tentation, comme l'a fait le PS, de proposer de faire marcher une seconde fois la planche à billets et courir le risque d'injections massives dans l'économie qui ne répondraient pas aux mécanismes naturels du marché mais qui auraient pour effet d'endetter inutilement la Confédération ?  

Un groupe de travail composé des parlementaires concernés est arrivé à la conclusion que les mesures prises par le Conseil fédéral étaient globalement adéquates. Le respect du frein à l'endettement nous évite des lendemains pénibles qui appelleraient de nouveaux programmes d'économie ou un service d'une dette lourde dont les taux d'intérêt pourraient un jour repartir brutalement à la hausse.  

Ce qui doit être mis en œuvre, ce sont des dépenses possibles immédiatement et engagées par anticipation sur des projets mûrs. Elles doivent concerner prioritairement des infrastructures durables et ne pas satisfaire une envie de consommation sans lendemain.

Ne nous faisons pas d'illusion : l'Etat au sens large du terme ne peut pas se substituer aux marchés si ceux-ci ne réagissent pas. Il peut – et il doit par contre – assurer son rôle de subsidiarité et accompagner de près l'évolution économique pour éviter le plus possible les dégâts sociaux. En ce sens, la mesure la plus utile qui soit prise par le Conseil fédéral est celle qui consiste à prolonger et à faciliter le recours aux indemnités de chômage partiel, afin de ne pas casser inutilement des gens et de perdre du savoir-faire, dès le moment où on ne sait pas la durée exacte de cette crise. L'autre mesure, qui nécessitera un vote du Parlement, concerne la garantie contre les risques à l'exportation et a pour but de soutenir cette part vitale de notre produit intérieur brut.Le PDC demande au Conseil fédéral, en particulier à Moritz Leuenberger, de mettre rapidement en œuvre le programme d'assainissement des bâtiments, d'entente avec les cantons, et d'utiliser les 100 millions de francs votés en décembre déjà par le Parlement.    

Ces réflexions ne sont pas exhaustives et ne sauraient passer sous silence la réforme de la fiscalité de la famille que le PDC appelle de ses vœux depuis si longtemps et qui est certes de nature structurelle, mais qui a des effets immédiats sur la conjoncture, sur le pouvoir d'achat. L'entrée en vigueur de cette réforme doit ainsi impérativement avoir lieu au 01.01.2010.          

Ainsi, la ligne du PDC est claire ; elle fait fi de tout populisme et tient la route économiquement. Elle ne promet pas un pseudo-paradis qu'on ne peut réaliser et dont les éléments peuvent se transformer rapidement en enfer. C'est une politique attentive, adaptée, qui ne saurait cacher les efforts à consentir les prochains mois par la communauté suisse qui devra se montrer solidaire avec les plus touchés.