09.01.2009 / Communiqués / Le PDC /

Libre circulation: ne sacrifions pas notre prospérité !

Le 8 février 2009, nous n'aurions jamais dû aller voter. En effet, si un parti incapable de se détacher de l'orgueil blessé de son chef n'avait pas décidé de livrer la prospérité suisse au hasard d'une votation, la libre circulation des personnes étendue à la Roumanie et à la Bulgarie aurait été reconduite sans l'ombre d"un doute et d'une contestation. Les avantages certains de l'actuelle politique économique de la Suisse vis-à-vis de l'UE ne sauront, pourtant, être menacés par les hésitations d'un parti privé de toute raison depuis le 12 décembre 2007.

Tout d'abord, la libre circulation a contribué de manière décisive à l'extraordinaire taux de croissance de ces quatre dernières années. Elle a en effet permis à une main d'œuvre très qualifiée de venir travailler dans nos entreprises et de pouvoir atténuer ainsi la pénurie de travailleurs que connaît la Suisse dans certaines branches comme la médecine mais aussi l'horlogerie à Genève. Ceci a encouragé les entreprises suisses notamment à ne pas délocaliser pour pouvoir s'agrandir.  

De même, la perspective de pouvoir faire travailler des employés de l'UE librement en Suisse a convaincu les multinationales étrangères de déplacer leurs sièges européens, d"emmener avec elles leurs employés (autant de contribuables en plus) et d'embaucher sur place. Genève est à cet égard dans une situation particulièrement privilégiée.  

Par contre, un refus de l'extension de la libre circulation ne pourrait avoir que des effets dévastateurs pour notre économie.  En effet, nous ne sommes pas dans la même situation qu'en 1992. A l'époque, la Suisse n'avait pas été intégrée à la CEE et ne savait donc pas concrètement les avantages de cette libre circulation. Aujourd'hui, tandis qu'une crise économique sans précédent sévit, nous ne pouvons nous permettre de voir des entreprises quitter le pays, laissant derrière elles un cortège de chômeurs. Economie Suisse même prédit un tableau apocalyptique en cas de non. La récession, encore limitée actuellement par rapport à nos voisins européens, sera décuplée. Les capitaux étrangers fuiront le pays alors que nous en avons le plus besoin. Nos exportations, principal instrument de la richesse du pays, seront moins bien acceptées par une UE qui ne pourra supporter cet énième caprice helvétique.

Si le ton est si alarmiste de ma part, c'est que l'UDC nous vantera encore avec talent l'illusion d"une Suisse isolée et fière. Mais, plus que jamais, notre pays se doit d'être modeste face aux événements actuels. Tous les moyens qui soutiennent notre économie sont nécessaires et la libre circulation, bijou de négociation de nos diplomates, ne peut être refusée pour le simple fait qu"elle nous rapproche trop d'une adhésion à l'Union. C'est simple. Si nous refusons le 8 février la libre circulation, nous serons obligés, contraints par le chômage et la fuite des capitaux, de supplier l'UE de nous accepter comme membre.